Je maintiens cette étiquette. Elle n’est ni une affirmation péremptoire, ni un dédain. Elle est un espoir, un vœu pieux, une démarche de connaissance et de rapprochement. Je vais tenter de m’expliquer en énonçant quelques vérités, je l’espère, instructives et point trop déplaisantes.

 

Faisons preuve de réalisme. Nous sommes passionnés par la vie et l’œuvre d’un homme mort voilà bientôt 70 ans. Tous ceux qui l’ont connu ont aujourd’hui disparu. Quel intérêt y a-t-il de poursuivre un fantôme dont les témoins sont eux-mêmes des fantômes ? Quelle folie nous pousse à nous intéresser à une période, certes trépidante mais tout de même arriérée, coincée entre deux conflits mondiaux et à investir des sommes folles dans de vieilles ferrailles ? Réponse : l’esprit d’un homme, la nécessité d’un modèle, peut-être d’un guide spirituel, de son histoire et de son empreinte. Et comme Napoléon, de Gaulle et tant d’autres, cet esprit n'est pas mort en 1935 avec l'homme.

 

La première véritable question est celle-ci:

Que reste t-il d’André Citroën mort en 1935?

 

1) Sa famille :

 

D’abord ses descendants. Avec la disparition de Bernard Citroën, disparaît le dernier témoin. Que reste t-il du Patron chez les Citroën ? Comme le dit Sylvain Reiner "un inconnu dans sa maison" ? Tout cela est si loin… Chaque rencontre avec la famille se résume au rappel de l’engagement patriotique des Citroën morts pour la libération de la France. Le déshonneur semble si grand qu’il faille le réparer par le sang ? Oui, un Citroën devrait être à la tête d’Automobiles Citroën comme un Peugeot est à la tête d’Automobiles Peugeot. Voilà ! J’ai dit ce qu’il ne fallait pas dire. Le destin en a décidé autrement.

 

2) L’héritage :

 

a) La marque et son réseau :

 

Deux repreneurs sont passés (Michelin et Peugeot) qui ont imposé une rationalisation autant à la production qu’à l’esprit. L’espoir de revoir l’esprit Citroën chez Citroën ne semble pas permis.

 

Les produits actuels Citroën ? Banals, communs, ne faisant pas rêver, ne déclenchant aucune pulsion irrépressible d’achat. C2 et C3 sont de simples outils rondouillards. La Pluriel est un concept intéressant mais pourquoi avoir conçu des arceaux latéraux si encombrants ? Picasso, C5 passent inaperçus dans la circulation, au contraire de la 407, du dernier Coupé Renault taillé à la serpe, de l’Audi TT ou… d’une voiture ancienne.

 

La Traction, la 2CV, la DS, la SM par rapport à leurs concurrentes ? Des OVNIS, des météores, des engins extraterrestres dans lesquels on brûle de monter pour goûter à leur comportement et à leur confort souverains, découvrir leurs bizarreries, leur sécurité, leurs aménagements.

 

Il ressort d’un échange épistolaire avec Claude SATINET Directeur Général de la SA Citroën que la marque a souffert d’un important déficit d’image dans les années 70 et 80. Les Citroën étaient considérées comme des voitures arrogantes, fières de leurs différences, auxquelles il fallait s’habituer avec effort. Citroën devenait une marque vieillotte, dont les propriétaires vieillissants s’accrochaient à leur hydraulique, à leurs phares tournants, à leur volant monobranche. D’où la nécessité de rajeunir la marque, d’élargir la clientèle. D’où la publicité accrocheuse : Vavavoum avec la VISA, le porte avion et "J’aime J’aime J’aime" de Julien Clerc pour la BX en 1983, les chevaux sauvages "les chevrons voient rouge" en 1985, l’AX, la Grande Muraille de Chine et Monsieur Xû en 1986, l’année "Service et plaisir" en 1988. Aujourd’hui avec "Vous n’imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous", la marque tente d’imposer un secret révélé "Citroën vous aime" (ou un reproche voilé "si vous saviez, vous ne nous bouderiez pas"). La Marque ne fait plus peur, s’adresse désormais à une clientèle très large. Pour cela elle a sacrifié son passé, un passé tellement prestigieux qu’il se suffit désormais à lui-même.

 

Le réseau ignore l’esprit Citroën. Si parfois des photos de modèles anciens ornent les bureaux, tout cela relève de l’anecdotique. L’accueil n’est pas plus chaleureux, la qualité de travail n’est pas plus exemplaire. Vous apportez votre voiture, les travaux sont faits, vous payez et basta. Entretient-on la flamme ? Non. Chez Renault, chez Peugeot règne le même esprit : il faut vendre.

 

L’absence de dynamisme, de frénésie dans les établissements Citroën se fait sentir. Rien ne chante. Fatalité de l’infidélité… Conclusion : chez Citroën on n’est pas mieux qu’ailleurs, alors pourquoi rester ? De l’apathie vient la négligence : après une réparation il convient de vérifier soi-même que les bouchons de batterie ont été correctement replacés. Lorsqu’on sollicite l’essai d’une voiture de fonction achetée dans une autre région par l’employeur, on est éconduit poliment. Résultat, on va chez Renault qui accepte l’essai sans la vente et qui, désormais, assure l’entretien. Les visites aux succursales historiques (Yser et Lyon) sont éloquentes. Nous n’avons jamais été dérangés, guidés, informés. Demandez à un vendeur Citroën à quelle date est né celui auquel il doit son job et vous verrez ses yeux s’arrondir. Pourquoi les gens achètent-ils une Citroën ? En 1934, c’était évident (première firme européenne captant 30% du marché français). En 2004, c’est problématique. J’étais client de Citroën, je ne le suis plus. J’y reviendrai un jour, peut-être…

 

b) Le Patrimoine :

 

Chez Citroën, il y a un manque évident de passion. La firme s’intéresse moins à son passé ou à son avenir qu’à ses chiffres de vente. C’est une grosse erreur et ce pour une raison simplissime : tout le monde fait cela. Pour se démarquer, il faut faire plus. Mais Citroën veut-elle se démarquer ? Les études marketing portent sur l’image instantanée, non sur l’image résiduelle. Les prototypes méritent notre attention. C’est aujourd’hui qu’il faudrait les produire ! Avec l’Avantime ou le Vel Satis, Renault a tout compris. Ces voitures ont été un échec commercial mais a-t-on mesuré leur impact sur l’image du Losange ? Renault fait plus en dotant ses capots d’un rappel des capots "cercueils" des Renault des années 10 et 20. Peugeot fait plus en confiant son design à Pininfarina. Que fait Citroën ? Elle durcit ses suspensions hydrauliques, elle banalise ses modèles, elle copie la concurrence, de peur… de déplaire !

 

Le Patrimoine Citroën ? Hélas… point de musée, point d’archives rangées et étiquetées ouvertes aux chercheurs, point de recherches sur les spécificités de la marque. Mis à part la photothèque, Automobiles Citroën a peu d’archives. Les beaux documents sont dispersés chez les collectionneurs. Résultat : Citroën connaît mal Citroën. Les plaquettes historiques sont truffées d’erreurs. En principe, c’est la firme qui devrait dire ce qui est juste ou pas et non sa clientèle !

 

Les contacts avec les passionnés sont épisodiques. Quels sont les projets débattus entre la Direction Commerciale et l’Amicale Citroën ? A ma connaissance, deux sujets : le village Citroën de Rétromobile financé pour la majeure partie par la firme (ce qui est louable) et Eurocitro organisé au Mans. Entre les deux, guère de synergie, d’interaction. Une association nouvelle s’est d’ailleurs engouffrée dans ce vide relationnel et passionnel non sans quelques remous préjudiciables à un équilibre déjà précaire. Son principal argument ? Peugeot consacre 6 millions d’euros par an à son patrimoine…

 

c) Les manifestations :

 

Citroën est la seule marque au monde à déchaîner un tel enthousiasme. 4000 voitures du monde entier convergent vers les ICCCR attendus avec impatience. Pour autant, ces ICCCR ont rarement la flamboyance des grands événements Citroën. Ils ont les défauts de leurs qualités : ce sont des foires familiales plus ou moins bien organisées. Quelques exemples :

En 1995, un seul accès crée un embouteillage monstre et le claquage de quelques joints de culasse. En 1998, la même erreur aboutit aux mêmes inconvénients. S’y ajoutent une pluie torrentielle (non anticipée), des distances incompréhensibles entre les animations, un système de navettes défaillant, un concours d’élégance bloquant les navettes. En 2001, peu d’animations, peu ou pas de fléchage, etc.

 

d) Auteurs, historiens et rédacteurs en chef de revues :

 

Quel est l’auteur qui nous fait rêver ? A l’un, manque le panache, à l’autre manque la précision. Sans nommer et blesser personne, je dirais qu’ils évoluent entre dilettantisme loufoque, rigidité universitaire pétrie de certitudes anachroniques, délires pseudo artistiques, austérité clermontoise, etc. Certains cherchent leur voie. En réalité, ici aussi, il faut produire pour vendre. L’esprit Citroën est noyé dans les opinions (exemple : Michelin a stoppé les projets du Patron en 1934), perdu au milieu des on-dit (Citroën, c’était un joueur), des approximations (les premières Traction n’avaient qu’un seul essuie glace), du sentimentalisme (ah, ce Dédé national…).

 

e) Les collectionneurs :

 

L’intérêt pour la marque est là, fort, en constante progression. Beaucoup viennent aux modernes par les anciennes et vice versa. L’énergie demeure mais la volonté s’exprime mal. La majorité se contente du plaisir de rouler au volant d’une Citroën. Peu ont compris l’importance du respect de l’origine, comme porte drapeau du message originel. Remettre en route et rouler, c’est bien. Restaurer précisément, c’est mieux. Transformer ou enjoliver est une hérésie. Ce que j’appelle "La Collection Citroën", qui regroupe toutes les voitures conservées en état d’origine ou refaites conformes, est pauvre : moins de 100 voitures tous modèles confondus ! La plupart des véhicules qui circulent sont aux yeux de leurs propriétaires au mieux un signe extérieur d’extravagance (parfois un signe de richesse et c’est le plus risible), au pire un outil. Ces voitures ne véhiculent rien d’autres que leurs passagers. Peu ont compris qu’ils appartenaient à une mouvance autrement plus originale qu’un syndicat professionnel ou une confrérie gastronomique. Un exemple ? A ce jour (mai 2004), sur plus de 15.000 tractionnistes connus, seulement 350 sont inscrits pour la commémoration de Dunkerque, à deux mois et demi de l’échéance. Sont déjà inscrits les anglais, les belges, la Savoie, le Sud de la France. Où sont les autres ? Lors des banquets des années Trente, nul n’aurait voulu manquer ces rendez-vous avec le Patron, chaleureux, divertissants, soudant la famille Citroën.

 

f) Conclusion :

 

Je ne retrouve l’esprit Citroën, ni dans la famille (on ne peut demander à quelqu’un de se travestir), ni dans Automobiles Citroën et son réseau (remplacez les chevrons par un lion), ni au sein du département historique de la marque (la 5e roue du carrosse), ni même chez les auteurs ou la plupart des collectionneurs qui roulent dans des voitures qu’ils ne connaissent pas.

 

 

La deuxième véritable question est :

Quel est cet esprit, pourquoi nous attire t-il au

point que nous ayons envie de le prolonger ?

 

1) Où est l’esprit Citroën ?

 

Il est palpable dans les réalisations du vivant d’André Citroën qu’elles soient discrètes ou spectaculaires, telles l’organisation des Usines, des différents clubs créés (Harmonie Citroën, Athlétic Club, les démarches Qualité…), les messages de fin d’année, de banquets, la minutie des expéditions en autochenilles, les démolitions – reconstructions. On peut le ressentir et l’étudier au travers des écrits et discours du Patron, des modèles, des survivantes en état d’origine, des choix industriels et techniques, des notices d’entretien, de la publicité, des photos, des articles de presse, de l’événementiel, des témoignages et des hommes côtoyés, etc.

 

2) Ce que n’est pas l’esprit Citroën :

 

Les passionnés ne voient que le luxe, l'opulence, le faste, les banquets, les réceptions, les 6 cylindres. Or l’argent n’a jamais coulé à flots désordonnés. Il avait toujours un but : servir la grandeur des Usines, c’est-à-dire le progrès et non servir la grandeur du Patron ou son orgueil. Il en aurait été incapable : cela  n’était pas son caractère ! Il ne l’aurait jamais voulu car il se serait déconsidéré par rapport à ses troupes ! Le Patron était moins capitaine d’industrie que chef d’orchestre.

 

3) Ce qu’est l’esprit Citroën :

 

L’esprit Citroën est tout entier dans cette célèbre affiche de la poule qui sème ses œufs desquels éclosent des petites 5CV ou bien dans les prises de vue des nouvelles usines de Javel avec les 7 sur les chaînes de montage : ordre, espace, lumière, hygiène. Il n’y a rien de vraiment luxueux dans tout cela ! 

L’esprit Citroën est fait d’ordre et d’organisation au service d’une créativité originale (générosité et inventivité) pour la diffusion de la Marque et de son esprit. Mais quel est cet esprit ?

 

 

ORDRE et HARMONIE :

Nous parlions d’orchestre. Chaque instrument est à sa place, connaît son morceau, intervient à son tour. La symphonie coule sans fausse note, harmonieuse, presque vivante et pourtant rigoureusement construite. Voilà Citroën. Citroën, c’est le thème de la Ruche : une armée d’insectes actifs, avec une tâche pour chacun, au service de tous. Un exemple :

 

Octobre 1933. Vous arrivez avec votre voiture à Javel. Des placiers vous attendent et vous attribuent une place de parking. Les places n’ont pas seulement été réservées à la va-vite. Elles ont été comptées soigneusement et prévues en fonction du nombre exact des participants (facilité, pas de surprise). Vous êtes par un fléchage adéquat guidés jusqu’au grand hall puis débarrassés de vos effets contre un petit carton avec une lettre et un chiffre (service). Diverses tables munies de panneaux parfaitement visibles vous attendent en fonction de la première lettre de votre nom. Une charmante hôtesse vous accueille et pointe votre présence (accueil). Une seconde hôtesse vous informe que le carton du vestiaire va vous permettre de retrouver votre place assise (simplicité). Vous êtes cordialement attendus dans le hall de montage. Là une équipe vous dirige vers votre chaise en s’assurant que vous l’avez repérée (précision). 6000 personnes peuvent être ainsi accueillis en quelques minutes (rapidité). Le repas est servi en 45 minutes pour tous. Un exploit ? Pas du tout. Une organisation impeccable au service d’une grande idée.

 

Cette organisation Citroën a permis (entre autres) :

De lancer la fabrication d’obus en série

De réaménager l’arsenal de Roanne et de créer les tickets de rationnement

De préparer et d’assembler un taxi en une nuit

De développer un réseau de 5000 agents ou stockistes dans toute la France

D’harmoniser les prix et services des pièces détachées

De créer une compagnie d’assurance et une société de crédit la SADIF

De couvrir le réseau routier français de panneaux de signalisation

De lancer 3 croisières dans des contrées inexplorées

De préparer des liaisons transsahariennes

De réussir la prouesse d’accrocher les lettres Citroën sur la Tour Eiffel

D’illuminer les principaux monuments de Paris

D’obtenir la venue de Charles Lindbergh à Javel

De démolir et reconstruire Javel en 6 mois sans arrêter la production

De sortir un modèle nouveau (traction avant) et de l’industrialiser en 13 mois, etc...

 

PROXIMITE

Citroën, humaniste, avait compris que la proximité, l’écoute, étaient de puissants leviers. Il se servait de la publicité pour se rapprocher de ses clients acquis et futurs.

 

Cette organisation a permis (entre autres)

De lancer la fabrication de 4 almanachs

De louer la dernière page des grand quotidiens et de créer un journal Le Citroën

D’organiser la visite des usines au profit de la Caisse des ouvriers

De prévoir des animations et mises en scène inédites autour des voitures (voitures découpées, test de résistance de la monocoque, diorama au Palais de l’Europe, séances de cinéma Citroën)

D’être attentif aux enfants (jouets, diorama Croisière Noire, cinéma, concours…)

De monter des quinzaines commerciales dans les petits villages avec essais

D’ouvrir des succursales en pleins centres villes avec de larges façades, souvent éclairées la nuit

 

DIFFERENCE TECHNOLOGIQUE :

Depuis la Traction Avant et plus encore avec la DS, la proximité s’est transformée en différence technologique. Acheter une DS, c’est entrer dans un monde curieux, bizarre auquel il faut s’habituer (direction DIRAVI, pédale de frein champignon, attendre que la voiture soit montée, phares tournants…). Lorsqu’un citroëniste est habitué à sa Citroën, il n’en veut plus d’autres : elle est si généreuse ! Séparé d’elle, il la regrette et se moque des concurrentes qui, à côté, paraissent bien fades, sans personnalité, mal sécurisées. Il est prêt à payer pour de la différence. Alors si on lui offre cette différence au prix du marché… La Xantia est une excellente voiture. La XM aussi malgré ses problèmes de connectique. La Xantia Activa fut une erreur commerciale. Très dure de suspension, son confort est en recul par rapport au standard Citroën. Elle s’est peu vendue. De même, le train arrière directionnel de la ZX effraya les acheteurs. J’ai essayé cette voiture, sa tenue de route en courbe est phénoménale mais l’on sent une réaction inhabituelle à l’arrière. J’ai essayé la C5, sous motorisée par rapport à la XM. Sa suspension est nettement plus ferme que la Xantia, presque trop contrôlée. Le problème actuel est d’obtenir une puissance capable de propulser un véhicule toujours plus équipé d’électronique et de gadgets embarqués, consommant peu. L’avenir passera par la compression ou d’autres systèmes de mise sous pression.

 

4) L’esprit Citroën en 2004 :

 

L’avenir de l’esprit : pessimisme et défaitisme ? Non, loin de moi cette idée. Rien n’est perdu. Nous commençons à peine à comprendre André Citroën et ce qu’il voulait faire, en tout cas son implication sociale. Ce qui compte, ce ne sont pas les éléments (ceux de la société de 1934 ou ceux de la société de 2004), c’est la façon de les traiter. Alors je fais fi de l’énergie dépensée, du bénévolat, des écrits, des échanges et même de l’amitié : j’essaie de voir plus loin. Exigeant pour vous comme pour moi, j’énumère les choses qui restent à faire et qui sont dans la droite ligne de l’esprit Citroën.

 

a) Les produits Citroën :

 

Tant que les produits Citroën ne seront pas différents de ceux des autres marques, il n’y aura pas d’engouement. Or un produit bien fait, séduisant, se vend tout seul. Il n’a point besoin de publicité : une voiture roule, se voit dans la rue, au contraire d’une machine à laver qui reste enfermée dans un cellier. Citroën ne pourra faire différent qu’en portant un regard bienveillant sur son passé et en s’appuyant sur lui pour rebondir plus loin. D’abord au niveau du style : ou bien par des rappels esthétiques ou, mieux, par des innovations spectaculaires. Il ne faut pas seulement faire plaisir au consommateur, il faut l’éduquer et l’habituer à la nouveauté, devancer ses désirs. Ensuite par des choix techniques innovants. Après la Traction Avant, la 2CV (véhicule économique et pratique), l’hydraulique de la DS, le mariage traction / hydraulique poussé à l’extrême dans la SM, après l’hydractive de la XM, la firme doit maintenant se lancer sans crainte vers d’autres solutions. La Citroën de l’Avenir existe. Elle est sans essieu, sans boite de vitesses, sans cardan. Elle roule à 200 km/h, on peut brider cette vitesse. Ses 4 roues sont motrices et son moteur est si petit qu’il consomme à peine, pollue peu, peut être remplacé par un moteur électrique. Cette voiture a déjà parcouru un million de kilomètres sans soucis. Malheureusement la réglementation ne permet pas son industrialisation. Vous doutez ? Ouvrez le tome 2 du Bureau d’Études par Roger Brioult et vous aurez tous les éléments et même des schémas : la Citroën du futur est hydrostatique.

 

b) Le réseau :

 

Tant que le réseau ne sera pas passionné, il n’y aura pas d’accueil dédié, d’esprit particulier entretenu. Je n’exige pas du spectaculaire comme en 1934. Je dis que Citroën ne chouchoute pas assez ses clients et ne les rapproche pas assez de leurs voitures. Citroën pourrait continuer de s’appuyer sur son esprit :

Au lieu d’entendre :

Faut amener votre voiture à 8H30 du matin. Va falloir attendre. Faut que je remplisse le formulaire. Votre voiture est prête, on l’a garé là-bas. Vous la retrouverez avec le numéro. La facture ? Ça va vous coûter cher avec tout ce qu’on a fait dessus ! Une voiture d’occasion ? Faudra revenir pour prendre rendez-vous.

J’aimerais entendre :

Bonjour Monsieur. Vous amenez votre Citroën pour la révision des 65000 km. Nous allons ensemble faire le tour de votre voiture. Vous donne t-elle satisfaction ? Y a-t-il des choses qui vous agacent, qui ne fonctionnent pas comme vous le souhaitiez au moment de l’achat (remonter l’info au bureau d’études) ? Nous avons effectué telle réparation sur votre voiture dont une est assez technique ce qui justifie un coût de main d’œuvre (légitimer les compétences). J’ai personnellement contrôlé la qualité des interventions. Revérifions ensemble si vous le voulez bien (sérieux). Nous avons fait laver la carrosserie (générosité). Nous vous conseillons telle intervention dans les 5000 prochains kilomètres, ceci afin de conserver sa valeur de revente à votre auto (proximité). Rachèterez-vous une Citroën ? Je vous propose d’essayer notre nouvelle C5 en exclusivité, etc. etc.

Vous avez remarqué que je n’ai pas exigé qu’on me serve un café !

 

c) La Marque :

 

Tant que Citroën oubliera les citroënnistes, elle perdra ce dynamisme inexploité que nous représentons et que nous résumons habituellement par : "Vous ne savez pas tout ce que nous pouvons faire pour Citroën". La Marque n’a qu’un geste de bienveillance à faire pour que nous nous rangions à ses côtés en ordre de marche. Nous pourrions mettre nos voitures à sa disposition dans toute l’Europe. Nous pourrions l’aider dans la correction de ses plaquettes historiques et lui rendre cette valeur ajoutée qui lui fait défaut. Plutôt que de payer inutilement des frais d’études, Mercedes va chercher dans ses anciennes pièces s’il n’y en a pas une qui pourrait convenir pour ses nouveaux modèles. Et cette firme détient aujourd’hui un impressionnant catalogue de pièces anciennes toujours disponibles. Pourquoi pas Citroën ?

 

d) La famille Citroën :

 

Les Citroën ont une place à prendre dans notre passion mais laquelle ? Dans leur sang, bouillonne celui du Patron. Le savent-ils ? Nous sommes prêts à les accueillir. Veulent-ils de nous ? Je vais sans doute préjuger d’un homme que je connais peu : mais Henri-Jacques Citroën possède l’esprit Citroën, fait d’ouverture aux différences, d’intégration rapide, en un mot d’intelligence lumineuse. Physiquement, il ressemble beaucoup à son grand-père mais la flamboyance du Patron (dynamisme créateur) s’est diluée dans le temps. Henri Jacques n’aurait que peu à se transformer pour devenir notre star.

 

e) Dans le milieu associatif, il faut :

 

Nous regrouper de façon claire. Communiquer sur notre regroupement. Montrer que nous sommes forts. Qui compose l’Amicale Citroën (lister les associations) ? Quelles sont ses actions ? Organiser tous ensemble, sous la houlette d’un seul capitaine, des manifestations qui se déroulent sans anicroche. Prévoir trois portes d’accès pour les ICCCR, des navettes entre le site et les hôtels, ne pas trop éloigner les animations, prévoir les secours, trier les arrivants, faciliter les réservations, simplifier la billetterie, organiser un service d’ordre, etc.

Réunir tous les présidents de clubs Citroën pour les Assises Citroën. Cela n’a jamais été fait ! Décider ensemble du futur. C’est-à-dire de la conduite à tenir face à la réglementation européenne, prévoir les refabrications de pièces, connaître le stock, mettre en commun un calendrier de manifestations.

 

f) Parmi les auteurs :

 

Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec des ouvrages qui se copient les uns les autres et colportent des contre vérités historiques depuis 30 ans. En voici quelques-unes (édifiantes !) :

- L’opération d’illumination de la Tour Eiffel n’a pas cessé en 1934 mais en 1937. Allumée pour l’Exposition Universelle de 1925, elle s’est éteinte pour celle de 1937.

- Le programme 22CV n’a pas été stoppé faute d’argent. Il n’a jamais été stoppé ! Pour des raisons techniques, le V8 a laissé sa place à un 6 cylindres.

- Le Patron n’était pas si audacieux qu’on veut bien le dire. Il a refusé l’offre de Jacopozzi (éclairage de la Tour Eiffel en 1925), les roues indépendantes et la boîte Sensaud de Lavaud en 1931, pesté contre la tentative de record Yacco sur Rosalie. Il voulait des voitures pour bon père de famille et avait horreur de la compétition.

- La Traction était d’abord un projet de 5CV apporté par André Lefebvre, lequel s’est transformé en 6CV puis en 7CV.

- C’est André Citroën, lui-même, qui a demandé la liquidation judiciaire (au bénéfice d’inventaire dirait-on aujourd’hui) en décembre 1934 afin d’éviter une faillite personnelle.

- André Citroën n’était pas joueur dans l’âme. Il ne jouait jamais la notoriété de son nom. Ses bancos au casino étaient pour lui le moyen de tester sa chance. Il a toujours plus gagné que perdu.

- Que dire des nombreuses photos attribuées à une mauvaise année ou mal légendées ? Les 7B se transforment en 7C et vice versa, les 11BL se transforment en 7, etc.

 

Il faut être prêt à nous entraider, à nous corriger mutuellement, à nous consulter sur les nouvelles archives qui sortent. Dans CITROPASSION est parue une photo de trois 22CV sur la route. Je n’ai pas été informé à temps de cette découverte. J’aurais pu fournir de précieux renseignements pour aider à l’étude de cette archive. Dommage… Avec l’aide précieuse de Guy LOOS, j’ai souhaité rapidement corriger l’article sur les 7A et 7B paru dans Rétroviseur. Le corrigé a été adressé au journal… sans effet. Nous n’en attendions pas moins. J’ai fourni quelques indications précieuses pour un ouvrage rédigé par Jon Pressnell qui va prochainement paraître en Angleterre.

 

g) Dans le milieu des collectionneurs :

 

Il faut stopper cette vague de "transformite aiguë" qui voit l’apparition et le montage d’accessoires de type boîtes 4 vitesses, alternateur, circuit 12 volts, ventilateur électrique, vase d’expansion, filtre à huile, moteur ID19P, freins à disques, allumage électronique, etc. Tout ce bazar ne sert strictement à rien. Il faut au contraire que les voitures retrouvent leur état originel et pour cela il est nécessaire de communiquer sur l’état d’origine et sur les bonnes adresses (professionnels et pièces). Avec Guy LOOS, nous poursuivons cette œuvre. Bientôt nous serons en mesure de prouver avec éclat qu’une voiture refaite conforme à l’origine roule parfaitement sans aucune modification.

 

Il faut aussi plus de solidarité sur la route. Pour ma part, je considère appartenir à une seconde famille (comme un club anglais). Lorsque je vois une Citroën capot ouvert sur le bord de la route, je m’arrête immédiatement et je propose mes services. C’est à ce prix que nous maintiendrons l’impulsion donnée il y a 70 ans. Le Réseau Citroën, maintenant, c’est nous !!

 

Il faut rajeunir nos troupes. Que les jeunes se rassemblent dans un groupe que j’appellerais (comme le Patron), les Jeunes Turcs. Nous ne communiquons pas assez sur notre passion, souvent considérée comme une passion d’enfants égoïstes. Or nous faisons vivre un secteur de professionnels, garagistes, mécaniciens, carrossiers, ébéniste, etc.

 

Il faut revenir à la source. C’est-à-dire ordonner nos vies pour laisser un espace à la création.

 

h) Pourquoi sommes-nous passionnés ?

 

Parce que dans cette passion n’entre pas la compétition mais un désir de Tourisme, de Découvertes, de Connaissances. Reste un espoir qui dépasse le simple usage de ces voitures, un message de modernité et de simplicité, d’authenticité. Sinon pourquoi se casser la tête avec ces vieilles ferrailles ? Restent une fantaisie, un rêve, le goût d’une Europe glorieuse et raffinée.

 

La société 2004 se moque de tout. Entraînée par la presse, elle se moque des autres, d’elle, compte les morts et les catastrophes, est snob, encourage le contrôle et la normalisation, flatte les classes sociales et les exclus, promeut un esprit moyenâgeux (il faut un procès ou un voyage aux frais de la République pour faire son deuil), muselle et sabre l'initiative, etc.

 

Notre espace à nous, qui sommes définitivement hors de Javel, définitivement loin de 1934, c’est l’esprit du Patron pour le fond et la route pour la forme. Nous serons les seuls à nous passionner, à nous intéresser, à étudier, à découvrir, à partager notre passion sur ce site. Nous voulons abreuver les assoiffés d'inédit, d'absolu. Instruire, faire rêver si possible autour de la vie de cet homme pétillant que tout le monde regarde avec condescendance comme un grand malade. On oublie que ce petit homme vibrionnant était polytechnicien, quotidiennement à la tête de 60000 ouvriers et premier constructeur européen pendant 15 ans !!! Alors oui : avec Guy qui m'approuve (et qui veut comme moi "être comme un chien dans un magasin de faïence"), nous serons envers et contre tous :

 

DEPOSITAIRES DE L'ESPRIT CITROEN.

 

 

Si ce que nous écrivons vous parle, vous touche, rejoignez-nous pour promouvoir Le Double Chevron. Et n’oubliez pas :

 

La passion pour base

L’ordre pour principe

Le progrès pour but

 

Jérome COLLIGNON © 2004

Question : Jérome COLLIGNON, parlez-nous du site "Tractionavant1934.com" :

 

Réponse : Suite à la parution du Guide en avril 2001, je pensais tout d’abord créer un site personnel pour mieux me faire connaître. L’informatique est pour moi un outil quotidien : après l’avoir utilisé professionnellement le jour, je le rallume le soir et je me délasse à écrire des textes sur mon sujet préféré !

 

Q : Vous y passez tout votre temps alors ?

 

R : Je m’y brûle les yeux, oui !

 

Q : Pourquoi un site sur les Tractions 1934-1935 ?

 

R : Depuis le Guide, j’ai ressenti le besoin de publier encore, de mettre à la disposition de mes lecteurs un correctif du Guide, d’approfondir un sujet nécessairement limité par la pagination d’un ouvrage dépendant d’une collection où tout est calibré, que ce soient les chapitres, la pagination, les photos, etc.

 

Q : Et la presse, les magazines ?

 

R : Cela me réjouit toujours de voir un article auquel j’ai longuement travaillé être publié dans la presse. Le problème, c’est que je suis relativement impatient. Souvent le magazine exige des textes rendus à telle date mais pour des raisons de pagination, il ne les passe que trois numéros après. J'écris aussi pour une revue de club que j’affectionne particulièrement. Elle aussi exige des articles réguliers et je dois me forcer à anticiper. Comme il reste beaucoup de choses à dire sur ces modèles attachants, sur cette époque trépidante, il fallait un outil réactif et souple qui permette d’évoquer des sujets plus précis que ceux que la presse réclame en général. L’autre problème de la presse, c’est que le lecteur regarde d’abord les photos inédites (difficiles à dénicher) et ensuite survole les textes.

 

Q : Et c’est à ce moment que Guy LOOS entre en scène…?

 

R : Oui, mon ami Guy a l’idée géniale mi-2003 après d’innombrables échanges de mails sur Internet, de créer un site dédié à nos voitures. Et il me propose de parler de moi, du Guide, de ma passion : je saute sur l’occasion !

 

Q : Les avantages d’un site ?

 

R : Ils sont nombreux ! L’entente cordiale entre Guy et moi, le ciment de notre amitié et de notre respect mutuel en plus de notre passion commune, une réactivité maximale, des textes non limités, la possibilité de changer les rubriques, de retarder une parution et surtout la gratuité pour les internautes. Pour finir, je dirais que la notoriété du site est bonne et que nos visiteurs viennent en connaisseurs. Ils savent bien qu’ils trouveront ici ce qu’ils cherchent ailleurs. Et j’ai toujours préféré la qualité à la quantité !

 

Q : Vous en êtes satisfait ?

 

R : Lorsque je vois qu’en deux ans d’existence, notre compteur affiche plus de 30000 visites, je ne peux que me réjouir. Je crois d’ailleurs avoir noté un net engouement pour les millésimes 1934-1935. De nombreux collectionneurs qui possèdent déjà une Traction, ont envie de se faire plaisir avec un modèle rare, différent, qu’il faut plus chouchouter (et c’est là, je crois, le fondement même de notre passion) et qui demande un effort supplémentaire de recherche. Nous les aidons en proposant enfin des pièces de qualité conforme à l’origine.

 

Q : Le respect de l’origine, c’est votre combat, non ?

 

R : Absolument ! Je ne m’étends pas sur ce sujet, vous lirez par ailleurs notre opinion. Je vais encore m’attirer les foudres des collectionneurs mais je dirais que moderniser sa Traction est contraire à la passion qu’on porte à cette voiture, contraire à la notion de culture et contraire à l’esprit Citroën.

 

Q : On vous reproche souvent d’égratigner tantôt les auteurs, tantôt les organisateurs de manifestations ? Que répondez-vous à cela ?

 

R : S’il m’arrive de critiquer telle exposition ou tel article, je suis toujours guidé par un souci de qualité. Il y a parfois un trop grand décalage entre ce qu’on demande à un bénévole sur le terrain et le travail qui aurait dû être mieux organisé en amont (1). Par ailleurs, lorsque je lis un article où les documents ont été survolés, où les légendes reprennent ce qui est parfaitement visible, je suis très déçu. Il faudrait une conception plus généreuse de notre passion : lorsqu’on donne, il faut donner beaucoup. C’est ce qu’a toujours fait Citroën. C’est ce que nous essayons de faire avec notre site. Evidemment dès l’instant où l’on touche à certaines "icônes" (je pense notamment à la courte réflexion que j’ai menée sur le vert kaki qui habille le cabriolet 15.6 de Mme Michelin), les passionnés réagissent vivement. J’essaie de remettre tout en question : avons-nous réfléchi assez ? Sommes-nous allés aussi loin que possible ? Un compte-rendu de manifestation, ce n’est pas seulement présenter des photos de voitures, c’est aussi retranscrire l’ambiance, les aspects réussis et ceux qui le sont moins. Pourquoi devrais-je me censurer ? Je me refuse à l’angélisme (tout le monde il est beau tout le monde il est gentil) à faire ce que j’appelle du "Charles Faroux". Vous savez, c’est ce fin chroniqueur de l’entre deux guerres, grassement rémunéré par les constructeurs, qui ne disait jamais du mal des modèles essayés. En réalité, il suffisait de lire entre les lignes : tout ce qui n’était pas dit constituait un défaut de fabrication !

 

Q : Vous vous êtes déclarés tous deux "dépositaires d'un esprit", qu'est-ce que cela signifie ? N’avez-vous pas peur du ridicule ?

 

R : Peur du ridicule ? Non… (rires). Que craignons-nous ? Partant de l'étude de la vie d'André Citroën, de diverses rencontres avec sa famille et de nos diverses expériences associatives ou professionnelles (1), nous sommes parvenus à plusieurs conclusions. Le Constructeur a mené toute sa vie selon des principes simples tels qu’une approche prudente, une organisation rigoureuse, une dimension généreuse apportée au projet, un goût pour le progrès. Nous essayons de prolonger son esprit, sa façon de voir le monde sans naturellement nous renier et en l'adaptant à nos moyens actuels. Ridicule, l’œuvre de Citroën ?

 

Q : Au-delà des mots, quelles sont vos réalisations concrètes ?

 

Nous proposons une méthode, celle du "Patron", pleine de bon sens. Elle nous sert pour étudier les archives qui nous parviennent, pour prévoir les grandes manifestations qui nous rassemblent. Ce site est une autre réalisation (1). Lors des Tractionades 2003, songez que nous avons fait entrer quelques 320 tractions en deux heures trente le samedi matin grâce à une gestion rigoureuse des flux ! Voilà peut-être ce que l'on ne sait pas. Voilà pourquoi aujourd'hui nous prenons une liberté de parole et donnons notre avis sur le monde Citroëniste.

 

Q : Nous vous isolez-vous pas du monde Citroën ? Pourquoi détiendriez-vous la vérité et les autres pas ?

 

R : Notre démarche n’est pas une volonté de marginalisation mais d’apport. Commenter, voire critiquer, est-ce détruire ? Je ne le pense pas, à condition que les remarques soient justes. La France n'est pas un pays à l'esprit commercial. "Le français vient à tout mais il y vient tard", disait Voltaire. Toute critique est à la source d’une amélioration. Et nous ne nous contentons pas de l’existant. En tant que consommateurs lambda et citroënistes, nous voulons nous battre contre certains mensonges commerciaux ou techniques : les volants creux qui cassent, les voitures exposées et désembourbées aux frais du collectionneur, la tendance générale à l’optimisation… Au-delà de notre plaisir, qui fait le spectacle, qui paie au final, qui fait vivre le monde Citroën ? Croyez-le bien : il n'y a nulle arrogance dans notre démarche. Nous voulons juste conscientiser ceux qui se lancent dans l'aventure de la voiture de collection. C'est un combat pour plus d'excellence. Nous fédérerons ceux qui ont cet esprit et nous sommes à la disposition de tous ceux qui feront appel à nous.

 

Q : Monsieur LOOS, pourquoi avoir eu l'idée de ce site ?

 

R : En fait j’ai cherché des informations sur les modèles 1934 sur le net, et excepté le site de Jeroen et Wiljan Cats, je n’ai rien trouvé. Ce site en anglais était trop sommaire pour mes besoins d’information, et puisque au fil du temps, j’avais accumulé un grand stock de revues d’époque, mon idée était en fait d’apprendre en écrivant, et Jérome y a mis du sien, lui, ayant quand-même une expérience solide dans le domaine journalistique. Ayant suivi avec mon fils Benjamin, fervent de l’informatique, des cours pour la création de sites internet, je me suis lancé dans cette aventure, et le succès ne m’a pas démotivé.

 

Q : Quel avantage voyez-vous au "support" internet ?

 

R : Ben, d’abord bien sûr la rapidité de la circulation de l’information, couplée à la possibilité inouïe de publier des photos, films, de créer des liens avec d’autres sites. Et puis bien sûr, la possibilité de compléter les articles lors de la découverte de faits nouveaux, de corriger les erreurs toujours possibles, de réécrire des passages entiers. Avec un livre ou une revue, on est dans le statique, une fois publié, ça reste publié, avec toutes les erreurs et imprécisions inhérentes à ce système.

 

Q : Mais au fait pourquoi la Traction Avant et plus particulièrement les premiers millésimes ?

 

R : Allez, ca remonte loin… En 1988, lors de mon mariage, un collègue de travail de mon beau-père nous a conduits en 11BL 1955. Grosse émotion, éveil d’une passion, mais pas de budget pour faire des folies. Zoom vers l’avant, 1998 : quelques jours avant le 10e anniversaire de notre mariage, j’ai revu par hasard ce monsieur à bord de sa 11 légère. Je voulais le réengager pour faire une surprise à ma chère et tendre, et je lui ai demandé s’il voudrait nous servir de chauffeur pour une heure ou deux. Résultat des courses: il me la … prête pour 48 heures, ni plus ni moins. Ces deux jours ont mis une grosse quantité d’huile sur le feu de la passion, et voilà… Quelques mois plus tard, sur une bourse d’échange de voitures miniatures, j’ai vu une Traction de la Série Noire de Norev. Intrigué par la présence de deux feux arrière et de la plaque centrale, j’ai commencé à discuter avec le vendeur en lui disant : « mais ils font n’importe quoi chez Norev, au lieu de mettre une plaque d’immatriculation sur l’aile gauche, ils la mettent au centre. C’est évidemment plus facile à produire…». Je n’ai pas acheté la miniature, et les tentatives (vaines) du vendeur pour me convaincre de l’exactitude de cette miniature (c’est le premier millésime, monsieur !) m’ont amené à acheter « grand livre de la Traction » d’Olivier de Serres. C’est là que j’ai commencé à comprendre, et à regretter de ne pas avoir acquis la Norev. C’est à ce moment que j’ai pris la décision de chercher à acquérir un premier modèle (mieux vaut l’original, non?). Entretemps, le budget était là, et mon épouse s’est laissée attendrir… et voilà….

 

Q : Comment en tant que webmaster, voyez-vous le développement et l'avenir de ce site ?

 

R : Je m’attends à une demande croissante d’informations aussi bien sur cette voiture que sur l’histoire de cette période intermédiaire. Bien sûr que la technique « site internet » va évoluer. Tandis qu’actuellement, le brouillon de la nouvelle édition doit être converti en maquette que l’on peut envoyer sur le site hébergeur, après avoir supprimé les quelques 1500 objets (= textes, images, liens, etc.) de l’ancien site chez l’hébergeur, on doit l’envoyer zippé et morcelé en 9 parts de 7 Mo par ligne ADSL. C’est fastidieux, et c’est une des raisons que le site n’est actualisé que tous les deux mois. Il sera possible à l’avenir je pense de modifier le site sur le serveur de l’hébergeur même, facilitant ainsi les mises à jour et permettant une actualisation pense de modifier le site sur le serveur de l’hébergeur même, facilitant ainsi les mises à jour et permettant une actualisation quasi journalière, importante pour nos petites annonces. Chose intéressante: le nombre de passionnés qui se manifestent par mail, nous envoyant photos, documentations, idées. Entretemps, nous avons lancé des refabrications de pièces rares et introuvables, que nous faisons produire par un professionnel hollandais, de qualité. Et de fil en aiguilles, d’autres passionnés, pour ne citer que Dominique Peter, Marcel Ningen ou Hans Sollman, nous proposent des refabrications qu’ils ont réalisés ou qu’ils veulent réaliser. Au besoin, nous les aidons dans leur démarche en leur indiquant les pièces vraiment manquantes, ou tout simplement en leur donnant des tuyaux sur les pièces envisagées. Notre but? Il est tout simple: devenir LE site de référence pour ces millésimes….

 

(1) Note :

 

Jérome COLLIGNON a une expérience associative de 20 ans. En tant que bénévole, il a co-organisé le salon de Reims de 1991 à 2003 : décoration de stands, contacts mairie, assurances, sponsoring, contrôle d'accès, réservations des exposants, création de signalétique, sécurité, etc. Il a assuré la vice-présidence d'une association de 250 membres pour laquelle il a contribué à la refonte des statuts. Il a redynamisé et animé une section d'un club Traction.

 

Guy LOOS est docteur en médecine depuis 1989, associé d'un centre hospitalier et président du Service Ambulancier de la Croix Rouge Luxembourgeoise. Il a participé activement au service médical lors des Présidences de l’Union Européenne au Grand-Duché. Son goût pour la technique le porte à s’intéresser à tout ce que la médecine moderne apporte en progrès pour la sauvegarde de vies humaines.

 

1° Dépositaires de l’Esprit?

2° L’interview de Jérome Collignon et Guy Loos :

Plan de cette page:

Dépositaires de l’esprit?

2° L’interview de Jérome Collignon et Guy Loos

Un exemple de l’Esprit Citroën: Le Musée Idéal de la Traction

Un autre exemple de l’Esprit Citroën: L’ICCCR Idéal

Pentagone:  SUITE DE L’ARTICLE   2
Zone de Texte: L’Esprit 
d’André Citroën
Zone de Texte: L’emploi du temps 
d’André Citroën
Zone de Texte: Etude industrielle
d’une 11AL de 1934
Zone de Texte: Plans techniques
de la 22V8 (1) (2)
Zone de Texte: Les roadsters: authentique ou copie?
Zone de Texte: Le Guide Traction
1934 -1942
Zone de Texte: Les publications Collignon et Loos
Zone de Texte: PUBLICATIONS
Zone de Texte:
Zone de Texte: Les errata des
publications 
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Versailles (1)  (2)
Zone de Texte: La restauration d’une 7 Sport 1934
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Dunkerque  
Zone de Texte: La restauration d’une 11AL 1934
Zone de Texte: La fixation sécurisée
du cache roue
Zone de Texte: La couleur vert
moteur 1934
Zone de Texte: Clignotants dans les ailes arrières
Zone de Texte: Rencontres autour des Traction
Zone de Texte: L’identification des Tractions
Zone de Texte: La Succursale 
de Lyon
Zone de Texte: La Succursale de la Place de l’Europe
Zone de Texte: Le restaurant Lecot
à Rochetaillée
Zone de Texte: Le 31 rue Octave
Feuillet à Paris
Zone de Texte: Le Bistrot d’André à Paris XV
Zone de Texte: Voyage en Corse 
en 7S (2007)
Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: La Succursale 
de Bruxelles
Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte:

Dépositaires de l’Esprit? (1re Partie)

Traction Avant 1934-1935