Le projet part d’Internet, plus exactement du site GMT. Différents internautes exposent leurs propositions. Je décide de relever le défi même s’il est toujours douloureux de livrer une création dont on sait qu’elle peut être copiée et déformée. Voici donc pour vous mon Musée Idéal de la Traction, qui n’engage que moi mais que je parcourrais tous les jours comme André Citroën parcourrait inlassablement ses usines. Ces idées sont citées en vrac et libérées de toutes contraintes financières et réglementaires. Nous serions bien heureux d’accompagner ou d’aider à sa réalisation.

 

Des salles par thème didactiques et reconnaissables par couleur (reprises sur dépliants) : une salle bleue, verte, jaune, à damier blanc et noir, etc. Sol en moquette spéciale passages fréquents puis en carrelage blanc et noir comme les concessions Citroën d'avant guerre. Ne pas hésiter dans certaines salles à faire dans le surréalisme pour étonner et faire dire ensuite : "je n'en ai pas vu la moitié tellement il y a de détails à voir".

 

Des billets d'entrée reprenant la silhouette d'une Traction.

3° Le Musée Idéal de la Traction :

Des vitrines avec des reproductions de tous les catalogues avec une étude (jamais faite jusqu'ici) de l'évolution du message commercial de Citroën de 1934 à 1957 (Forest et Slough y compris).

 

Aux murs, photos géantes de Javel ou du calendrier 1935, nombreux drapés, photos jardins de Versailles comme le magasin de l’Europe.

 

Exposition des ouvrages existant sur Traction et épuisés (vente à la sortie de ceux disponibles en plus de miniatures récentes). Organiser des séances de dédicaces régulières.

 

Une salle reprenant les arguments techniques : train avant fixé par 4 boulons détachable en 15 minutes, soupapes en tête (couvre culasse en verre sur moteur éclaté et mis en mouvement lent, cet objet existe déjà). Exposer une voiture découpée en deux comme en 1934. Faire comprendre les avantages de la monocoque en exposant des éléments de monocoque non assemblés mais présentés l'un en face de l'autre et s'assemblant lentement avec fausses étincelles (cela doit impressionner par le gigantisme). Si la place existe, refaire en grand un montage partiel sur chaînes (nécessite au moins 5 voitures, voir "Arcelor" sponsor de Dunkerque) ou bien le faire au 1/43ème. Exposer côte à côte une 7 et une Rosalie pour montrer l’évolution d’un modèle à l’autre.

 

Exposer une 7 à laquelle on aura fait subir le test de la falaise (hem, seul endroit où je l'accepte…). Expliquer qu'à l'opposé, la DS a été conçue pour exploser et qu'aujourd'hui les voitures sont conçues pour plier de façon contrôlée.

 

En projection: tous les films sur Traction et les films modernes (dont LVA, Sevendoc, etc.), ajouter diaporama sur construction des Usines de Javel en 1933 et destruction en 1983.

 

Sur carrousel, plusieurs types de cardans en mouvement, montrer les différents angles d'utilisation et expliquer fonctionnement (voir musée de la Sarthe au Mans).

 

Tenue de route : film projeté sur totalité de mur avec Traction filmée de face prenant un virage (expliquer le déport et le début de la réflexion de Citroën sur les liaisons au sol).

 

Traction avant : historique du principe depuis la flèche et le fardier de Cugnot (j'ai commencé). Insister sur les avantages (survirage, rapports poids puissance, etc.).

 

Aérodynamisme : exposer des maquettes avec projection au lait de chaux, une Traction penchée à 45° pour montrer le plancher plat. Faire voir une voiture sur plateau tournant et surélevé : la Traction a été modelée sur chevalet donc à niveau d'œil, c'est ainsi qu'elle est la plus belle (lorsqu'elle surgit dans le rétroviseur en avalant la route, pour cela je prends désormais toutes mes photos accroupi).

 

Exposer différents modèles de Traction d'origine mais pas trop (le mieux est de les voir rouler), par exemple des curiosités, traction bicéphale, taxi ou à gazogène, break hollandais, 15.6 F, barquette DB, présidentielle. Cela fera un garage pour des collectionneurs régionaux qui n'en ont pas.

Photo d’un billet d’entrée original pour le véritable Musée Citroën, situé dans le Magasin de l’Europe à Paris

Collection J. Collignon

Conformément à notre engagement de promouvoir l’Esprit Citroën, vous trouverez ci-après quelques détails pour une opération de type ICCCR (International Citroën Car Club Rallye) réussie. Nous nous sommes basés sur plus de 10 ans d’organisation du Salon de Reims et de diverses expériences : ICCCR ou autres, création d’association, refonte de statuts, etc. Cet exposé non exhaustif remplace notre article paru dans la revue Traction Avant n°42. Chacun y puisera les idées qui lui permettront d’organiser sa manifestation idéale. Nous nous tenons à la disposition de quiconque le souhaite.

 

Le public :

 

Première remarque d’importance : les voitures anciennes (Citroën ou autres) n’attirent guère le grand public, à moins d’engager une publicité importante autour de la manifestation. Une billetterie spéciale permettrait quelques statistiques intéressantes sur l’origine des visiteurs. L’on se rendrait compte, très certainement, que le retour sur investissement (campagne d’affichage, annonces radio…) est faible et qu’il faut déployer beaucoup d’argent et de bénévolat pour peu de résultats. Nous entendons d’ici tous les passionnés s’écrier que nos réflexions sont honteuses, que leur passion intéresse tout le monde, mais c’est faux. La fréquentation des salons de voitures neuves (Mondial, Genève, etc.) est en hausse mais celle des musées d’automobiles reste faible, en tout cas stable. De plus la fréquentation des bourses d’échanges ou salons diminue fortement (de 25% à 50%) lors de conditions particulières : une belle météo et l’on préfère une balade en forêt, une météo maussade et l’on reste chez soi avec un bon film ou une visite familiale programmée depuis longtemps, etc. Nous ne disons pas que les salons et les bourses n’attirent aucun visiteur, nous disons que ces visiteurs sont connus : majoritairement les passionnés et non le grand public. La voiture ancienne est une passion souvent jugée extravagante, coûteuse, voire polluante. La première question qu’on nous pose est toujours : "ça doit consommer un engin pareil, non ?". L’idéal est donc de considérer que les manifestations Citroën sont d’abord conçues pour les passionnés. Le grand public constituera alors un "plus" dont on ne tiendra pas compte à l’avance. Ce point est très important pour déterminer le seuil de rentabilité.

 

Le seuil de rentabilité :

 

C’est le nombre minimal de visiteurs que la manifestation doit accueillir impérativement pour rembourser l’intégralité de ses frais. Il est en effet facile de rêver, de vouloir être généreux, d’imaginer de multiples animations si au final on est incapable de les financer. La première question à poser est : « Combien de visiteurs espérons-nous ? ». Sans cela, la manifestation ne peut exister sans risque. Dans toutes démarches, ce seuil devra demeurer l’objectif principal. Car augmenter le coût de l’événement, c’est :

ou espérer plus de monde et donc prévoir plus de publicité plus coûteuse : cercle vicieux

ou pour le même nombre de visiteurs, c’est augmenter le prix du billet : risque de désaffection du public.

 

Le prix du billet :

 

Parlons-en dès maintenant. Il peut être déterminé en fonction de ce qu’est prêt à investir le visiteur. On pourra lui demander par voie de sondage. En général, le billet s’élèvera entre 5 et 10 euros (12 ou 15 euros devenant l’exception), tarif relevé dans la plupart des salons. Parfois un tarif préférentiel club fait baisser le prix.

 

Pratiquer un tarif par voiture quelque soit le nombre d’occupants dans la voiture est à mon avis une erreur : on se prive de revenus potentiels et on encourage une inégalité entre celui qui vient en coupé 2 places et celui qui vient en familiale 9 places... sauf à imaginer un tarif suffisamment élevé qui tient compte d’un nombre moyen de places par véhicule. Nous avons noté que, dans ce cas, le tarif s’établit vers les 50 - 60 euros par voiture.

 

Un principe : en cas d’incertitude sur l’affluence (1ère édition), augmenter toujours le tarif du billet pour diminuer le plus possible le seuil de rentabilité. Le petit bénéfice couvrira des frais non prévus. Au contraire, pour une manifestation rodée, diminuer le prix du billet, voilà qui serait généreux. Je connais un ou deux salons qui pourraient le faire, leur seuil de rentabilité étant de l’ordre de 1000 ou 2000 visiteurs soit le dixième de l’affluence réelle… mais curieusement cela n’est pas fait. Notez que 2000 visiteurs payants à 7 euros font 14000 euros, soit environ (selon la ville) 1,5 fois la valeur de location d’un hall de parc d’exposition pour un week-end.

 

Les moyens :

 

La plupart des salons sont régis par des associations loi 1901. Une structure juridique de type associatif nous semble la meilleure solution pour encadrer notre passion : organisation, transparence, crédibilité. Attention : si le chiffre d’affaires dépasse une certaine somme hors taxes, l’administration fiscale est en droit de taxer cette activité d’impôts sur les sociétés et d’imposer le régime de TVA. Renseignez-vous. Profitez-en pour étudier l’étendue des responsabilités d’un dirigeant d’association afin d’éviter quelques surprises…

 

Souvent les premiers frais seront compensés par les premiers chèques enregistrés virtuellement, notamment ceux des professionnels négociants. On aura tout intérêt à organiser en amont l’inscription anticipée des visiteurs (voir chapitre autorisation d’accès). Notez qu’une bourse d’échanges répond à un cahier des charges précis (registre spécial à faire signer en gendarmerie, assurances, etc.)

 

A propos des ressources extérieures, compte tenu de notre réflexion sur l’absence de grand public, il ne faudra pas compter, et les exemples abondent en ce sens, sur l’aide des pouvoirs publics. Leur intérêt pour notre passion est faible. Prévoir dans le bilan prévisionnel une subvention relèvera donc du fantasme pur. En recevoir une sera considéré comme une bonne nouvelle, qui au final, si vos comptes sont bons, viendra paradoxalement augmenter votre résultat. Le sponsoring privé est envisageable si votre relationnel est fort dans le domaine de l’automobile ou de l’industrie. Alors peut-être un fabricant d’accessoires ou un équipementier désireux d’écouler sa production acceptera de vous épauler. Mais c’est de plus en plus rare. Il ne faudra donc compter que sur soi et son équipe d’où une extrême prudence dans les choix stratégiques.

 

Au-delà des disponibilités financières, toujours plus faciles lorsqu’on en est à la 10ème édition réussie, restent trois données essentielles qui sont :

le matériel (en plus de son coût il faudra le trouver, l’acheminer, le monter)

le temps

le nombre de bénévoles et ce qui va de pair leur motivation ou leur encadrement

 

Il conviendra de progresser dans l’avancement de l’organisation en minimisant toujours ces trois données. Elles sont intimement liées. Dans certains cas, moins de matériel exige plus de bénévoles, moins de bénévoles exige plus de temps ou plus de matériel. Dans tous les cas, on aura besoin d’organisation, soit pour installer le matériel, soit pour pallier son absence : le "tout faire soi-même". On aura tout intérêt à se simplifier la vie et à se reposer sur les structures existantes notamment en termes de logements. Il faudra songer à elles et à les recenser avant d’entreprendre quoi que ce soit. De même pour du matériel, on essaiera de privilégier la solution packagée : location, installation, montage compris (moquette, électricité, traiteur, camion sono, etc.)

 

Du nombre de bénévoles dépendra l’importance de l’événement. On ne crée pas une grande manifestation avec 10 bénévoles sur le terrain. 

 

La publicité :

 

En absence du grand public et de l’importante diffusion que supposerait son accueil, la publicité pourra s’appuyer sur les manifestations de voitures anciennes déjà existantes. Ce système marche fort bien, que ce soit via des affiches colorées et agréables, que par la distribution sur un maximum de stands d’affichettes ou flyers, à Rétromobile, Reims, Epoqu’auto, dans les bourses locales, etc. La publicité de Dunkerque 2004 fut très bien réalisée.

 

Notons qu’une affiche doit comporter en gros caractères dans l’ordre : quand, où, quoi, les sponsors éventuels, la mention IPNS (imprimé par nos soins) si tel est le cas. Trop d’affiches sont belles mais illisibles à moins d’un mètre ou ternes. Songez aux affiches colorées de Savignac : simple et efficace. Les flyers ou tracts devront comporter la mention "ne pas jeter sur la voie publique".

 

Constituez, appuyez vous sur le fichier des participants des années passées. Euro Citro Le Mans ou le Lac de Madine fonctionnent de cette façon. L’on est ainsi assuré de recevoir chez soi l’information manquée dans la presse parce que l’activité professionnelle est trop prenante. C’est le B a-Ba de l’organisation.

Pour les organisateurs : attention, dans le cas d’une informatisation des coordonnées, ne pas oublier les mentions CNIL.

 

Le site :

 

Il est très important et doit être choisi soigneusement. Deux pistes à retenir : un lieu clos ou un lieu ouvert.

La première remarque basique est que nous sommes collectionneurs d’objets mobiles, susceptibles de créer un flux. On devra résoudre l’inévitable mélange entre autos anciennes, modernes et piétons. Si l’on dispose d’un lieu déjà adapté à la circulation, le problème de sécurité des piétons est résolu. Reste celui du mélange entre anciennes et modernes.

 

Le lieu ouvert :

Une manifestation type : celle de Dunkerque en 2004. Les voitures sont stationnées sur l’espace public en bord de mer. La circulation est mélangée entre piétons, anciennes et modernes (riverains dunkerquois). C’est à mon avis ce qu’il ne faut pas faire. Le plus dangereux est le mélange dans un espace réduit (voire un espace déjà piétonnier) entre voitures et piétons. Un lieu ouvert exigera toujours un balisage lourd, coûteux en matériel, en temps et en bénévoles. Lorsque vous aurez déplacé à la main 50 barrières métalliques ou que vous aurez couru après la voiture qui vient d’écraser votre ruban de chantier, vous comprendrez ce que je veux dire.

 

Le lieu clos :

Une manifestation type : celle des ICCCR. En général les ICCCR, concentrations de plus de 4000 Citroën sont prévus dans des lieux fermés. Le circuit Michelin en 1995, le parc de Chevetogne en 1998, plus récemment le terrain d’Interlaken en 2004. Ce lieu clos sera en principe réservé aux seules anciennes. Reste à imaginer la circulation intérieure.

 

Visitez le site à l’avance, exigez ou prévoyez un plan. Travaillez sur ce plan. Nous nous sommes exprimés au sujet de choix contestables, nous n’y reviendrons pas. L’éloignement des animations génère une circulation intense, rendue difficile par la météo et oblige à la mise en place d’un réseau de bus. Il est impossible de transporter des pièces détachées de grosses tailles. Ou comment les problèmes s’ajoutent aux problèmes et les coûts aux coûts…

 

Songez toujours à vous simplifier la vie : limitez la circulation. Pour ce faire, regroupez les animations, aménagez un parking à proximité. Organisez des espaces piétons, bus, anciennes. L’idéal est un site clos dont les anciennes sont regroupées (voir chapitre circulation et stationnement)

 

L’accès :

 

Il dépend d’abord du type de public reçu. Les piétons seront guidés en toute sécurité par des barrières ou des rubans de chantier jusqu’au cœur de la manifestation. Les véhicules seront guidés par des chemins ou des routes praticables au moyen d’un fléchage approprié le plus simple possible et uniformisé. Si après avoir passé une heure à bichonner sa belle pour la présenter avec fierté au public, le collectionneur est obligé de faire 1km dans la boue, vous ne le reverrez pas l’année suivante. Et dire qu’un collectionneur chasse l’autre, c’est réfléchir à court terme.

 

On l’oublie trop souvent, l’accès dépend de l’importance du public reçu. Vouloir accueillir 4000 voitures par une seule porte relève de la folie pure. A deux voitures par minute (soit 30 secondes pour un accueil, c’est court), ce sont quelques 2000 minutes passées à l’accueil, c’est-à-dire 33 heures de flux ininterrompus !!! Un visiteur veut toujours entrer vite : faites-en une règle d’or. La durée d’accès doit se faire en quelques minutes, 15 minutes maximum et ne doit pas excéder 4 heures cumulées. Pour 4000 voitures en 4 heures, rappelons une évidence : 16 voitures entrent par minute. En imaginant un accès qui possède une longueur de 167 mètres (ce qui est court) et qu’une voiture roule à 10km/h pour éviter tout incident donc met 1 minute pour parcourir ces 167 mètres, cela suppose que les 16 voitures doivent se trouver en même temps sur cette portion sans rupture comme sur une chaîne de montage : mission impossible. Ou alors il faudrait que les voitures fassent leur entrée à la vitesse minimale de 60km/h : mission dangereuse.

 

Nous sommes désespérés par l’inconscience, voire la bêtise (quoi d’autre ???) de certains organisateurs. Explosion de joints de culasse, foires d’empoigne sont monnaie courante, suivis parfois du refus définitif de revenir ou de tenue de listes noires ! De grâce, Messieurs, prévoyez 2, 4, 6 portes s’il le faut, mais résolvez IMPERATIVEMENT ce problème d’accès. Choisissez le site qui permet cette option. Un site est beau mais d’un accès malaisé ? Rayez-le de vos choix sans regret !

 

Une unique porte large encadrant deux voies en sens inverse peut très bien servir de double accès à condition d’étudier la réhabilitation rapide de la voie de sortie. Il faudra songer, quelque soit la taille de l’opération, à un accès réservé et libre pour le SAMU et les pompiers. Lorsqu’on y songe rétrospectivement, certaines manifestations ont eu beaucoup de chance : car avec une seule porte d’entrée encombrée d’une voiture en panne, mis à part un hélicoptère d’urgence…

 

N’ouvrez aucune porte en plein milieu de la manifestation, vous créeriez une confusion monstre : « ouvert, pas ouvert ? Ah, on peut passer par là ! Mais non, on ne peut plus, etc. ». Prévoyez A L’AVANCE d’ouvrir un certain nombre de portes et… n’oubliez pas de les ouvrir. Je me souviens d’organisateurs partis en vadrouille avec la clef de l’accès n°2… Doubler, tripler, quadrupler le nombre de portes suppose le personnel et le matériel ad hoc, c’est-à-dire plusieurs guérites, des gardiens pour surveiller, des bénévoles pour accueillir, un approvisionnement régulier en billets d’euros ou en autre monnaie sans oublier le change, de tickets d’entrée, de brochures… STOP !!!! Il y a encore plus simple (cf. chapitre suivant) !

 

Où vont sortir les voitures à la fin ? Attention à un trajet de sortie différent de celui de l’entrée, de nombreux visiteurs font demi-tour : il est plus sécurisant de repasser par un chemin que l’on connaît, d’autant plus si le chemin est libre. Nous l’avons maintes fois constaté, le mieux est d’ouvrir toutes les portes et de canaliser seulement ceux qui veulent encore entrer. Canaliser les sorties est une très mauvaise idée : cela crée embouteillages, énervements et inventivité rageuse. N’oubliez pas que lorsqu’un visiteur a décidé de s’en aller, il veut s’en aller vite. S’il n’y a pas d’autres moyens, prévoyez la fermeture de certaines portes et l’ouverture d’autres. Et fléchez efficacement.

 

Pour finir notez que la facilité d’accès est un autre B-a Ba. S’il est réussi, personne ne vous félicitera. Par contre s’il est raté, on vous le reprochera. Acceptez cela avec abnégation…

 

L’autorisation d’accéder (contrôle des billets) :

 

La règle de base est de la réduire voire de la supprimer et donc de tout régler d’avance. C’est lorsque rien n’est prévu, qu’il faut tout décider dans l’urgence, avec panique et perte de temps. L’idée est de ne jamais laisser une situation litigieuse se régler le jour de la manifestation et à l’entrée : par exemple, un visiteur sans billet ou qui n’a pas réglé la totalité de son inscription. Cela crée embouteillage monstre et énervement. La solution est de tout régler par courrier AU PREALABLE. On aménagera toutefois une voie de garage pour encaisser ou régulariser une situation administrative (dossier incomplet, etc.).

 

Evitez le plus possible tous actes manuels (poinçonnage de ticket très gourmand en temps). Le contrôle d’accès doit être rapide, visuel. Le visiteur doit savoir clairement quelles sont les conditions d’accès et le contrôleur le travail à effectuer : un badge à apposer, un bracelet à présenter, un ticket à valider, etc. Rappeler les instructions en gros caractères sur de larges panneaux. J’ai toujours pensé au système de lecteur code barres mais le coût semble dissuasif. Le mieux est de faire apposer un autocollant non falsifiable (type vignette auto en trois parties) sur le pare-brise du véhicule reprenant : numéro d’ordre, type du véhicule, immatriculation, nombre d’occupants, nationalité et un bracelet par personne. La mention de la nationalité permet quelques mots dans la langue : il n’y pas que le français au monde. Le numéro d’ordre permet de retrouver le propriétaire en cas d’urgence ou… de mauvais stationnement. Un bracelet de couleur différente peut permettre d’accéder au camping (notion de double accès). Un carton peut différencier un véhicule à vendre.

 

La règle d’or est de ne jamais mélanger le contrôle et l’accueil car vous immobilisez inutilement un véhicule. S’il y en a peu : pas de soucis. Par contre, si vous en attendez 4000… Le contrôle sera effectué par des bénévoles dûment briefés, assistés de gardes officiels (voir chapitre Sécurité). L’accueil se fera ailleurs (voir chapitre Accueil). Pas de palabres, ni même de salutations amicales : il faut CIRCULER, derrière trente voitures attendent ou vont venir ! Tel sera le credo absolu du contrôleur d’accès.

 

Circulation et stationnement :

 

Il faut canaliser la circulation de façon visible et sans hésitation : barrières et fléchage approprié. Un conseil : faites faire le trajet par quelqu’un de l’extérieur. Souvent une barrière ou une flèche devront être déplacées car peu logiques ou un accès élargi. Le parking, nous l’avons dit, se fera de préférence sur bitume ou sur prairie ; pensez à la pluie et à la boue. Espaces délimités par barrières ou rubans de chantier. Attention aux barrières : veillez à les tenir éloignées des véhicules exposés ou stationnés. En cas de chute par grand vent, vous êtes responsables. Pensez aux cailloux désastreux pour une carrosserie fraîchement repeinte. Les ICCCR encouragent le regroupement des Citroën par type plutôt que par clubs ou affinités : je trouve cette idée réjouissante. A condition de prévenir d’avance…

 

Chaque visiteur doit avoir reçu AU PREALABLE un plan gratuit et précis de la manifestation, éventuellement un plan de circulation. Celui des Eurocitro Le Mans est très bien fait. Prévoyez une traduction dans les différentes langues : un geste très apprécié de savoir-vivre, d’autant plus si la manifestation se tient proche d’une frontière. Seront interdits sur site, les véhicules modernes, fussent-ils d’une personnalité du Monde Citroën. Cela encourage la jalousie et les commentaires désastreux : lorsque tout va mal, c’est la cerise sur le gâteau ! Le grand luxe est, si vous le pouvez, d’aménager un parking VIP à part.

 

Gardiennage / sécurité :

 

Prévoir un service d’ordre complet avec tenue dédiée (brassard, gilet de sécurité) si possible reliés par talkies-walkies. L’idéal est de pouvoir louer les services d’une société de gardiennage, voire la maréchaussée : leur action est incontestable (un bénévole n’a hélas d’autre poids officiel que celui que le visiteur lui accorde), pas d’absence de personnel, discipline maximale. Le professionnel qui a loué un stand sera évidemment plus attentif à l’organisateur qu’à un intervenant extérieur. Le gardiennage de nuit est très apprécié par ceux qui laissent camions ou plateaux (je pense aux maîtres-chiens du salon de Reims). Pensez à amener un camion de dépannage / fourrière, bien utile pour menacer un récalcitrant qui s’est garé devant un portail. La sécurité est nécessaire mais sauf intervention, elle doit se faire discrète et bon enfant. Il n’y a rien de plus triste qu’un visage fermé et un ton rogue sans raison.

 

Autres frais :

 

Dans le désordre :

La publicité pourra être payée par les annonceurs, c’est l’idéal. Pensez aux partenariats avec les grands groupes de presse spécialisée. Le bon plan : un stand au tarif réduit ou gratuit contre de la pub. Pensez aux assurances, aux contraintes réglementaires : droits de voirie, plan Vigipirate, contrainte du site, déchets, poubelles, environnement, etc. Prévoir des poubelles en nombre suffisant : par exemple environ une tous les 300 mètres.

 

Pensez aux navettes via le réseau de bus municipal ou régional. Pensez à la restauration de vos équipes (repas, café chaud, vêtements de pluie…). Trop souvent les bénévoles sont délaissés et c’est bien dommage. Le bénévolat est une force qu’on ne gâche pas, sous peine de la voir se tarir. Un secret : chouchoutez mieux vos bénévoles que vos visiteurs. Pas de bénévoles = pas de manifestation possible sans frais.

 

Accueil, animations :

 

Il pourra être particulièrement soigné grâce à de charmants hôtes et hôtesses dans un endroit réservé dans lequel on trouvera tous les renseignements pratiques (camping, restauration…), où l’on pourra retirer son sac de bienvenue, sa plaque de rallye, se donner rendez-vous, acheter des souvenirs, etc. Ce lieu sera indiqué en gras sur le plan envoyé à chaque visiteur avec invitation à s’y rendre en priorité. Attention aux stands bourrés de documents papiers et non protégés de la pluie.

 

Quelques idées d’animations en vrac : un musée d’anciennes, une exposition dédiée, un prototype dévoilé, un concours de stand, d’élégance, de démontage, une tombola, la photo par un professionnel, un concert, une soirée de gala, un camping (prévoir alors accès spécial, commodités, poubelles en nombre suffisant), une course d’endurance, produits du terroir, de fournisseurs à prix cassés, etc.

 

LES REGLES GENERALES :

 

PREVOIR :

Tout prévoir à l’avance : organisation, matériel, personnel, accès, billetterie, division du travail, responsabilités, etc.

Ex : ne jamais confier deux tâches en même temps à un bénévole, par exemple la sécurité et l’animation

 

En règle générale, il ne faudra jamais avoir de décision à prendre pendant la manifestation. C’est nuisible pour le visiteur qui s’aperçoit d’un dysfonctionnement. C’est nuisible pour l’organisateur qui se retrouve avec des tâches supplémentaires non prévues. Lorsque cela arrive, il faut toujours se poser la question : y avons-nous réfléchi avant ? La réponse sera souvent : NON.

 

PRUDENCE :

Sécuriser son organisation, pas de rêves de grandeur.

Ex : bénévoles ou organisateur malades, absents, démotivés, mauvaise météo, gestion des divers stocks, défaut d’un fournisseur, restaurateur lent à servir les plats (Tractionades 2005), assurances, etc.

 

Les trois critères d’appréciation d’une manifestation sont : le prix de l’entrée, le nombre d’animations (ce qu’on propose pour le prix payé), la facilité d’accès. Ensuite viennent la qualité des animations, l’accueil, l’efficacité de la sécurité (si elle est intervenue), le site, la possibilité de visiter autour du site, les thèmes d’animations, etc.

 

Pour finir :

 

Sauf erreur de notre part et nous nous corrigerons bien volontiers suivant les remarques, les ICCCR souffrent de plusieurs maux récurrents. Nous en avons relevé trois :

- manque d’une réflexion totale sur les conséquences d’un temps désastreux (on dirait qu’il doit toujours faire beau lors d’un ICCCR, exemples de Chevetogne et Interlaken)

- pas de continuité des équipes organisatrices qui recommencent tout à zéro à chaque fois. Un coordinateur serait le bienvenu pour permettre que les erreurs passées ne se reproduisent plus. Cet exposé doit constituer une première aide.

- sauf erreur de notre part, pas de continuité financière. Les bénéfices de l’ICCCR précédent devraient servir pour démarrer l’ICCCR suivant ou constituer une sorte de fond de garantie pour couvrir d’éventuels frais imprévus. Peut-être y a-t-il du déficit ? Nous n’osons pas songer à pareille éventualité… surtout si l’on songe à la fréquentation.

 

Nous vous donnons rendez-vous pour le prochain ICCCR qui, rappelons le, se déroulera en Italie.

 

© 2006 Jérome COLLIGNON

4° L’ICCCR Idéal :

Se faire prêter tous les gadgets et accessoires anciens et modernes réalisés à partir du thème traction (cendriers, porte clefs, miniatures, BD, jouets Citroën, refaire diorama type Galeries Lafayette, refaire maquette type train électrique avec plein de tractions qui circulent dans une ville au 1/43ème, etc.)

 

Equipement : exposer des intérieurs de Traction avec les différents tissus et expliquer par exemple le choix de Tubauto. Exposer des pièces partiellement cuivrées, nickelées chromées.

 

Laisser une traction sans protection pour permettre aux petits et grands de TOUCHER les rondeurs de cette voiture et de s'installer à l'intérieur (panneau : "vous pouvez toucher").

 

Exposer la maquette en plâtre d'un avant de 22 à l'échelle 1 (allonger les broches d'une 11A de 60mm, me consulter) ainsi qu'un moteur V8 Ford sur socle dans la reconstitution d'un bureau d'études à l'ancienne avec vieux combiné, armoire métalliques, encrier, poêle, plans du V8 en coupe au mur et plans en rouleaux, etc.

 

Exposer une Traction repeinte dans toutes les teintes connues par bandes de 10cm et par millésime avec mention de l'année (ca a été fait sur 2CV et c'est génial). Se mettre en rapport avec une société de peinture et proposer la refabrication de teintes avec composants modernes.

 

Eventuellement travailler avec un carrossier connu, proposer un atelier vivant de refabrication de pièces ou une restauration in situ.

 

Expositions éphémères : Nationale 7 de Thierry Dubois avec la 7 Lecot du musée Rochetaillée / la gamme 11A / la gamme 15/6 / les carrosseries spéciales  Langenthal, Worblaufen, TTT / inviter les artistes, sculpteurs ou dessinateurs sur le sujet : compressions de César par exemple (je plaisante bien sûr…).

 

Prévoir sur micro films ou autre support consultable la compilation de tous les catalogues techniques afin d'avoir les caractéristiques des pièces (base de données : je l'ai commencée pour 1934 mais pas finie). Proposer en face les pièces remplaçantes et dire comment les monter.

Très belle exposition sur la Traction Avant avec la 7A de la Collection Citroën à Langres au début 2003

Exposer une mappemonde d'un mètre de diamètre avec une piste sur l'équateur et petite traction tournant sans arrêt (voir circuit électrique de notre enfance). Pourquoi ne pas ouvrir au public un circuit 24H ?

 

Tour Eiffel de 3 mètres de haut avec les chiffres 7/11/22 clignotants alternant avec les décorations comètes - étoiles et l'horloge. Exposer la grande horloge du Quai de Javel (elle existe toujours).

 

Refaire rétrospective Dali Centre Pompidou avec traction suspendue au dessus d'une cuillère "l'attraction comestible".

 

D'ailleurs en règle générale, on doit pouvoir voir au moins une traction au-dessus et en dessous.

 

Afficher articles de presse automobile et immédiat après guerre sur gang Traction, extrait des modifications du code obligeant l'apposition de feux arrières ou de clignotants, procès Citroën / SIMCA en 1954, etc.

 

Voir Michelin pour stand sur les pneus (Superconfort, basse pression, radiaux, X, etc.) et refabrications avec archives sur le savoir-faire de la firme clermontoise.

 

Salle Aventure : reparler des raids TA, Lecot, Avoyne, TMT et Tracbar, exposer un ou deux modèles = films + accessoires en diorama grandeur nature (mannequins, tentes montées, réchauds, sable dans une salle entière, les visiteurs doivent traverser un désert…). Eclairage baissant avec illuminations feu de camp et bruit nocturne de brousse pour évoquer l'ambiance bivouac.

Refabrication : faire la promo de pièces refabriquées, se faire sponsoriser par Koni, SKF, etc.…. comparer pièces neuves et usées validées par huissier : par exemple, "cette pièce a fait 100.000km".

 

Carte avec le réseau « Bed and breakfast ». A côté comparatif avec le "Réseau d'Amis" 1934.

 

Un standard pour répondre aux différents appels. Ca permettra de soulager les clubs et les auteurs de questions diverses. Prévoir un site officiel. Accès Internet possible sur place contre une somme modique (principe de cybercafé).

 

Prévoir une salle de 50 personnes pour des réunions notamment celle des Assises Traction (regroupant tous les présidents de clubs et enfin réunifier la France, cela n'a jamais été fait, ensuite inviter l'Europe). Location de cette salle possible (prix préférentiel pour les clubs).

 

Sonorisation : elle est belle, elle a des ailes, c'est la traction universelle, etc.….

 

Livre d'or à prévoir (être le premier à le signer me ferait un immense plaisir).

 

Si place et moyens : restauration rapide, vaisselle décorée. Vendre gâteaux de type "Spéculoos" en forme de Traction. WC décorés. Le fin du fin : créer du matériel spécial pour ce musée ou reprendre de l'existant (poignées de portes, de fenêtres, éclairage, etc.). A l'extérieur, possibilité d'essayer une traction "fiabilisée" (hem…) sur rendez-vous ou bien si on arrive en traction. Si cour intérieure, accueillir des départs de balades ou rallyes régionaux.

 

Il y a moyen de faire 10 fois mieux (plus poétique et moins classique). Servi par une organisation rigoureuse, ce musée peut parfaitement ouvrir en 2006. Notons que le lieu idéal serait le hall place de l'Europe à Paris, actuellement loué par La Poste Réseau Ferré mais l'Auvergne est bien aussi car plus centrale.

 

L'huile de cette voiture coule dans mes veines, mes bras sont ses ailes, mes jambes 78x100 flottent au-dessus de l'asphalte, mes yeux voient au travers du cristal de ses phares. Pour plagier Lou Andréa Salomé (égérie d'Apollinaire) : "comme la vie, la tractionite est inguérissable".

© 2006 Jérome COLLIGNON

 

Pentagone:   1  DEBUT DE L’ARTICLE
Zone de Texte: L’Esprit 
d’André Citroën
Zone de Texte: L’emploi du temps 
d’André Citroën
Zone de Texte: Etude industrielle
d’une 11AL de 1934
Zone de Texte: Plans techniques
de la 22V8 (1) (2)
Zone de Texte: Les roadsters: authentique ou copie?
Zone de Texte: Le Guide Traction
1934 -1942
Zone de Texte: Les publications Collignon et Loos
Zone de Texte: PUBLICATIONS
Zone de Texte:
Zone de Texte: Les errata des
publications 
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Versailles (1)  (2)
Zone de Texte: La restauration d’une 7 Sport 1934
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Dunkerque  
Zone de Texte: La restauration d’une 11AL 1934
Zone de Texte: La fixation sécurisée
du cache roue
Zone de Texte: La couleur vert
moteur 1934
Zone de Texte: Clignotants dans les ailes arrières
Zone de Texte: Rencontres autour des Traction
Zone de Texte: L’identification des Tractions
Zone de Texte: La Succursale 
de Lyon
Zone de Texte: La Succursale de la Place de l’Europe
Zone de Texte: Le restaurant Lecot
à Rochetaillée
Zone de Texte: Le 31 rue Octave
Feuillet à Paris
Zone de Texte: Le Bistrot d’André à Paris XV
Zone de Texte: Voyage en Corse 
en 7S (2007)
Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: La Succursale 
de Bruxelles
Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte:

Dépositaires de l’Esprit? (2e Partie)

Traction Avant 1934-1935