La foule devant son domicile, vue plus ancienne

Aujourd’hui, les Traction Avant rendent hommage

Collection S. Poinard

Un grand merci à Valérie et Jean-Stéphane Poinard, les anciens propriétaires de l’Hôtel-Restaurant de Paris pour leur collaboration et la mise à disposition de ces photos. Effectivement, en 2007, l’établissement a de nouveau changé de propriétaire et s’appelle désormais Hôtel 2 Paris. L’ambiance rétro a fait place à un style tendance très moderne. J’ignore toutefois si la grande fresque murale est toujours visible.

2° La visite des lieux du 5 novembre 2005:

Indépendants et neutres, nous n’avons pas pour habitude de vanter une enseigne commerciale. La seule enseigne qui nous intéresse est celle des Anciennes Usines Citroën disparues. Pourtant nous avons retrouvé l’Esprit Citroën dans l’Hôtel Restaurant de Paris tenu par la famille Poinard, ex-restaurant de François Lecot.

Rochetaillée est un bourg perdu entre la Saône et la métropole de Lyon. Nous parvenons sur une place en travaux. La façade ornée d’une impressionnante 11AL en situation attire nos regards. Cette place Claudius Peytel, prendra-t-elle un jour le nom de place François Lecot ? Rien n’est moins sûr… La grille en fer forgé qui entoure les dépendances n’a pas changé. Elle est peinte dans un vert pâle anti-rouille. Sur le côté, le garage où Lecot laissait sa 11AL aux mains de son équipe existe toujours et porte toujours l’inscription à son fronton. Il a été dissocié de la maison Lecot, vendu à un particulier. Il est fermé et son propriétaire est absent.

Toujours dans l’idée d’approfondir les choses et de découvrir les gens, nous avisons un Monsieur qui nous regarde intrigué. Nous faisons sa connaissance. M. Cochet est intarissable sur la vie de ces quelques rues. Il vient de quitter l’Antoine. Mais oui, vous savez bien : Antoine Agostini le fils de Charles Agostini, le propre mécano de Lecot avant guerre ! Notre sang ne fait qu’un tour et derechef, nous nous dirigeons vers la demeure des Agostini. Derrière sa grille, Monsieur "Antoine" accepte de nous parler. Hélas, il n’a pas grand-chose à nous dire, ne souhaite pas être photographié et ne connaît pas Internet. Que les passionnés ne se précipitent pas chez ce vieux monsieur. Il ne reste aucune archive de cette époque ni photo dédicacée, ni ouvrage, ni outillage, ni un quelconque objet. Monsieur Agostini n’a aucune photo de famille. Trop jeune, né en 1936, il n’a pas connu l’époque Lecot. Son père ne parlait pas de son métier. Il est midi. Nostalgiques, nous quittons ce témoin lointain pour revenir déjeuner.

 

L’accueil du Patron est chaleureux. Monsieur Poinard est passionné par l’épopée de Lecot et veut perpétuer son souvenir. Le repas est magnifique, fastueux. Nous prenons naturellement le "menu de Monsieur François". Le Condrieu qui nous est conseillé, vin blanc 2002, sec et court en bouche, aux discrètes saveurs d’agrumes avec une nette prédominance du citron, accompagne parfaitement le foie gras poêlé et les noix de coquilles Saint-Jacques garnies de tagliatelles.

Assis entre la cheminée (à gauche) et l’imposante bibliothèque (à droite), dans la salle à manger un peu sombre, au travers des murs épais, des fenêtres basses, des vitres qui ne tremblent pas, nous nous prenons à imaginer les C4, les Mathis, les Peugeot 201 carrées, les poids lourds passer et les premières 7 filer sur cette route mythique que sait si bien décrire Thierry Dubois sur son site qui lui est dédié. Et nous comprenons que si la qualité du repas que nous venons d’achever par une liqueur de rhubarbe offerte par le patron est celle que servait la famille Lecot, le Restaurant de Paris devait constituer une étape gastronomique particulièrement réputée.

 

Dans la plénitude de la bonne chère, nous dédicaçons le Livre d’Or de la Maison dans lequel nous retrouvons trace du passage d’un rallye Carrosserie Spéciales de la Traction Universelle organisé avec maestria par l’équipe de notre ami Eric Pilon.

 

Nous gagnons le Salon Epoqu’auto aux bons soins de Dame Gépéesse et dépensons immédiatement l’énergie accumulée en écumant les stands à la recherche de pièces rares.

 

En résumé, une adresse à recommander, désormais dans nos cœurs.

 

© 2005 - 2009 Jérome COLLIGNON et Guy LOOS 

Collection D. Peter

Stéphane Poinard (à droite) qui fait les honneurs à Jérome et Guy. Dominique Peter qui fut du voyage avait accepté le rôle (ingrat) du photographe.

Collection G. Loos

La 11AL Lecot en grande réparation dans son garage de Rochetaillée et devant le restaurant situé à gauche en 1936

A la fin de la Grande Guerre, François Lecot s’engagea dans différents métiers en relation avec l’automobile. Il fut d’abord directeur d’une entreprise de transports routiers, les « Transports Modernes » dont les bureaux étaient situés au 89, rue de Marseille à Lyon (dans la même rue où l’on construisit quelques années plus tard au numéro 35 la « plus grande Station-service d’Europe », la succursale Citroën de Lyon….).

 

Plus tard, il y ouvrit le « Comptoir Lyonnais de Représentations Industrielles » qui vendait des machines à coudre, des accessoires pour cycles, des véhicules pour malades et blessés, des pneumatiques, etc.

 

Au milieu des années 20, il ouvrit avec son épouse Marie un restaurant dans une ancienne demeure du début du siècle située sur la Place Claudius Peytel à Rochetaillée sur Saône (périphérie nord de Lyon). Lecot fut un des premiers à avoir le téléphone, son établissement était joignable sous le numéro de téléphone local  « 1 ». Très rapidement, la qualité de la cuisine préparée par Marie attira une grande clientèle qui se déplaçait même de Lyon pour savourer les menus à l’ombre du clocher. Si François n’était pas sur les routes de France en train de réaliser une performance, il s’occupait de son affaire. Même pendant l’année du raid des 400.000 kilomètres, le restaurant resta ouvert et toute la gestion incomba à Marie.

1° Les documents historiques :

L’inauguration d’avril 2003 avec la copie de la Traction du raid prêtée par le Musée Henri Malartre de Rochetaillée

Le restaurant de François Lecot dans les années 30. Photo inédite dans ce format où l’on aperçoit… des séparateurs de bande de roulement constitués soit de pierres de couleur claire, soit de clous en aluminium comme à Paris. (Collection Thierry Dubois)

La même vue en 2003 avec fenêtres supplémentaires au RCH. Vous voyez accolé à gauche du restaurant une bâtisse moins haute dont l’intérêt vous sera dévoilé plus loin dans cet article. Vous vous en doutez peut-être déjà…?

Collection Th. Dubois

François Lecot visiblement surpris à table dans son  jardin.

Collection G. Loos

Collection G. Loos

Publicité dans le livre: « Mes 400.000 kilomètres » édité en 1937

Suite au décès accidentel durant une en mission de leur seul fils René en septembre 1936, il vendit les locaux pour reprendre la gérance d’une cantine. François Lecot décéda en août 1959, aveugle, appauvri et oublié. Il repose sur le cimetière de Collonges à côté de Rochetaillée sur Saône.

Zone de Texte: L’Esprit 
d’André Citroën
Zone de Texte: L’emploi du temps 
d’André Citroën
Zone de Texte: Etude industrielle
d’une 11AL de 1934
Zone de Texte: Dépositaires 
de l’Esprit? (1) (2)
Zone de Texte: Plans techniques
de la 22V8 (1) (2)
Zone de Texte: Les roadsters: authentique ou copie? 
Zone de Texte: Le Guide Traction
1934 -1942
Zone de Texte: Les publications Collignon et Loos
Zone de Texte: PUBLICATIONS
Zone de Texte:
Zone de Texte: Les errata des
publications 
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Versailles (1)  (2)
Zone de Texte: La restauration d’une 7 Sport 1934
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Dunkerque  
Zone de Texte: La restauration d’une 11AL 1934
Zone de Texte: La fixation sécurisée
du cache roue
Zone de Texte: La couleur vert
moteur 1934
Zone de Texte: Clignotants dans les ailes arrières
Zone de Texte: Rencontres autour des Traction
Zone de Texte: L’identification des Traction
Zone de Texte: La Succursale 
de Lyon
Zone de Texte: La Succursale de la Place de l’Europe
Zone de Texte: Le 31 rue Octave
Feuillet à Paris
Zone de Texte: Le Bistrot d’André à Paris XV
Zone de Texte: La Succursale 
de Bruxelles
Zone de Texte: Le restaurant Lecot
à Rochetaillée
Zone de Texte: La 7S du Tour de
France et Belgique
Zone de Texte: Les retombées publicitaires du Raid
Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte:

Le Restaurant de François Lecot à Rochetaillée sur Saône

Traction Avant 1934-1935

L’hôtel-restaurant de Paris, exploité par M. Poinard père de 1967 à 1988, a rouvert fin avril 2003. C’est son fils Jean-Stéphane et son épouse Valérie qui ont repris l’affaire dans cette maison à l’abandon depuis plus de 10 ans. Ils ont pris l’heureuse initiative de perpétuer le style et la mémoire de François Lecot dans ce lieu plein de souvenirs et de nostalgie. Au centre des tables en teck de la terrasse, ils ont inséré des vitraux en rétro-éclairage représentant les blasons de différentes marques automobiles prestigieuses. L’établissement est une étape privilégiée pour les amateurs de voitures anciennes se déplaçant dans cette partie de la France.

 

Un clin d’œil sympathique au monde automobile, visible de suite, est la grande fresque en trompe-l’œil peinte sur la façade, représentant François Lecot dans la 11AL du raid. Elle a été réalisée par l’artiste Jean-Louis Cohen.

 

Guy LOOS  © 2004 - 2005

Collection G. Loos