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d’André Citroën
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Sur les Traces de Pierre Louÿs: Voyage en Corse en 7S 1934

Traction Avant 1934-1935

La décision est prise au printemps: nous allons faire une folie et faire un tour en Corse avec notre 7S. Ce sera une randonnée sur les traces de Pierre Louÿs qui y fit un voyage 73 ans plus tôt, en été 1934, avec le même modèle (de voiture). Tandis que Louÿs engagea un mannequin pour faire les centaines de photos, j’emmenais mon épouse qui se prêtait volontiers à cette noble tâche. Notre idée était, à côté du tourisme proprement dit, de retrouver certains endroits ou furent pris les clichés extraordinaires servant à illustrer le fameux calendrier des concessionnaires Citroën de 1935, et d’y faire les photos le plus conformes à l’origine, comme nous l’avions déjà fait lors de l’anniversaire des 70 ans de la Traction Avant à Versailles en avril 2004.

 

La 7S est arrimée sur la remorque, nous descendons sur la Côte d’Azur pour atteindre Nice dans la matinée. Sur l’aire d’embarquement du Port de Nice, notre attelage est l’attraction incontestée. Moments d’inquiétude: des dizaines de voitures et de camions de toutes sortes et gabarits s’engouffrent dans les entrailles du bateau. Le parking géant se vide à fur et à mesure, la tension monte chez le personnel naviguant: il faut emmener tout ce beau monde! Déjà, nous pouvons apercevoir les manœuvres désespérées de l’officier d’embarquement pour diriger les derniers camping cars sur les derniers emplacements près de la rampe d’accès. Nous a-t-on oubliés? Nous sommes les derniers à embarquer, vu le gabarit notre attelage, sur le dernier emplacement qui reste, mais nous serons aussi les premiers à débarquer à Calvi, perle de la Balagne, située au nord-ouest de l’Ile de la Beauté.

Les routes de Corse n’ont pas beaucoup changées depuis les années 30: leur tracé sinueux est resté le même, du bitume qui semble dater d’avant-guerre recouvre ces petites routes sûrement plusieurs fois centenaires. Les pentes sont raides, les routes ou plutôt chemins sont étroits, le revêtement bitumeux inégal, la ligne droite quasi inexistante. Les traversées des villages sont souvent tellement exiguës que seul un véhicule à la fois peut passer. Je vois déjà des collectionneurs qui hochent la tête, d’autres qui crient au scandale: faire subir à une voiture ancienne en configuration d’origine, avec sa dynamo en 6 Volts, son carburateur Solex 30 BFHD sans filtre à air, sa boîte 3 vitesses et ses tambours d’origine des conditions pareilles !!! Rassurez-vous, la 7S a supporté tout le voyage sans faiblesse, sans casse, sans égratignure. Encore des sceptiques parmi vous qui proclament que seule une ancienne modernisée en 12 Volt et boîte 4 peut faire des exploits de ce genre???

Collection G. Loos

Collection G. Loos

Collection G. Loos

Une des premières ballades nous amène sur les « Balcons de Balagne ». Leur nom correspond tout-à-fait au programme qui nous attend… des pentes brutales, des descentes vertigineuses, des vues imprenables. Et quasi personne sur les routes. Nous partons de Calvi en prenant la direction de Lumio où nous nous engageons sur la D71 vers Lavatoggio, Cateri, et Muro. Nous passons dans ces villages accolés contre les flancs de colline, le sommet n’est pas en vue. La 7S, avec ses volets de capot arrières ouverts, avance gaillardement en troisième vitesse, à 50 km/h. Un peu derrière Nessa, nous prenons la D663 vers Speloncato. C’est ici que l’aventure des vraies routes de montagne commence.

Le problème est rapidement localisé: la bobine est brûlante, l’ascension en première vitesse a amené trop peu d’air frais pour la refroidir. Pourvu qu’elle n’ait pas pris de dégâts! Une bobine de remplacement fait partie du lot de bord, mais après une demi-heure de pause, le moteur répond docilement à la première sollicitation du démarreur. En triomphe, nous franchissons le col situé à 1099 mètres en faisant mugir les klaxons.

 

La descente vers l’intérieur de l’île est tout aussi grandiose: nous partageons la route avec des bovins qui selon leur humeur occupent soit le bas-côté de la route, soit le milieu de cette dernière, tout en ignorant la Traction et l’exploit qu’elle vient de réaliser. Même sur des routes départementales comme la D81 qui longe une partie de la côte ouest en direction des Calanche, vous pouvez derrière chaque virage de la route tomber sur des vaches traînant sur la chaussée. Et il y en a, des virages ! Nous avons fait l’excursion vers les Calanche en voiture moderne: la moyenne que nous avons réalisé sur ce tronçon fut de 33 km/h. Dès lors, nous ne prenions plus que la 7S dont le gabarit réduit se prête mieux à ces routes. Nous ne l’avons jamais regretté !

La 7S affronte une route qui accuse une pente à 16% pour déboucher sur la D63 dont les longues rampes sont aussi conséquentes, de l’ordre de 8 à 10%, tout en lacets: pas plus de 50 mètres de ligne droite en vue. La température externe dépasse les 30°C, celle du circuit de refroidissement commence à grimper pour dépasser les 100°C. Nous avons atteint les 900 mètres d’altitude, et depuis un certain temps déjà, nous sommes en 2e vitesse. La température de l’eau du radiateur avoisine maintenant les 110°C, et nous nous décidons pour une halte afin que le capot entrouvert permette l’évacuation des calories. Finalement, nous entamons les derniers 200 mètres de dénivellation, cette fois-ci en 1re vitesse, car la pente augmente pour dépasser les 12%. A 500 mètres en-dessous du sommet, le moteur perd progressivement sa puissance et cale. Nous nous rangeons sur le côté de la route, sécurisons la Traction avec de gros cailloux placés derrière chaque roue et profitons de la vue extraordinaire pour faire un pique-nique inoubliable.

1° Les « Balcons de Balagne »

2° La 7S sur le quai du Port de Plaisance de Calvi

C’est LA photo que je rêvais de faire. Nous avions rapidement localisé le point de prise de vue original situé sur le quai du Port de Plaisance, qui fut avant la guerre le port de pèche de Calvi. Ce quai, constitué d’énormes blocs de pierres, s’étend en plateforme jusqu’au Quai Landry, cette ruelle qui longe les vieilles maisons de pêcheurs aujourd’hui occupées par des restaurants. Des  terrasses ombragées recouvrent cette plateforme pendant les mois d’été. Notre plus gros problème était que l’accès du quai avec un véhicule n’est possible qu’en un seul endroit, qui est sécurisé par des pilotis en fonte et situé derrière une aire de livraison. Que faire? Chaque jour, nous allions repérer les lieux, notant au passage que l’accès au Quai Landry est contrôlé par une barrière. Sauf le WE…

 

L’opération commando aura lieu le dimanche matin: la barrière donnant accès au Quai Landry était ouverte, l’aire de livraison déserte. En deux temps trois mouvements, nous avons déplacé quelques chaises et tables (avec l’accord du patron de l’établissement) pour nous faufiler entre un pilotis et le mobilier de terrasse. Nous voilà sur le quai. Les quelques rares promeneurs se prêtent au jeu et me facilitent les manœuvres sur cet espace restreint. Nous nous mettons en position. Quelques photos, puis changement d’angle de la 7S et rebelote. Les clichés sont pris, et nous rebroussons chemin après avoir remis de l’ordre dans le mobilier du restaurant. L’opération n’aura duré que quelques minutes.

La Marine de Calvi: le cliché original d’été 1934...

… et sa remise en scène 73 ans plus tard en été 2007 !

Collection G. Loos

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