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Traction 34/35

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monocoque
Zone de Texte: Photos d’accidents avec TA 34 /35 (1) (2)
Zone de Texte: Cartes postales à Tractions (1) (2) (3)
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Citroën
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 connus à ce jour 
Zone de Texte: DOCUMENTS ET
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Zone de Texte:
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« Aérocamp »    
Zone de Texte: Les accessoires 
1934 et 1935
Zone de Texte: Les publicités
avec Traction 
Zone de Texte: Le détail de
l’intérieur des TA
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Lockheed
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Solex
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 « Celer »
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Cibié et Ducellier
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en 1934
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Zone de Texte: Zone de Texte:

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des Années 34/35

Zone de Texte: Les calendriers
1934 et 1935 
Zone de Texte: Les Stations Service
des années 30
Zone de Texte: Les carburants
des années 30 
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Zone de Texte: L’Esprit Nouveau
des années 30
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des années 30
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technologies
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« Île de Beauté »
Zone de Texte: L’autodrome de
Linas-Montlhéry
Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: Zone de Texte: La route 
des années 30

Les Traction Avant dans les Concours d’Elégance

Traction Avant 1934-1935

C’est avec une gentillesse sans pareille que madame Josette Alviset, la directrice du Musée de l'Opéra de Vichy, et monsieur Jean-Marc Imberdis, collaborateur bénévole et fervent de la voiture ancienne, m’ont autorisé à publier les photos du concours d’élégance de Vichy. Ces photos avec Panhard Panoramique se retrouvent sur notre autre site www.panhard-panoramique.com.

 

Le musée de l'Opéra de Vichy a ouvert ses portes en juillet 2002. Il conserve un fonds d'archives de théâtre très important qu'il se propose de conserver et de mettre en valeur en organisant des visites et des expositions. Il souhaite ainsi contribuer à faire connaître l'histoire d'un des plus beaux théâtres de France. La création de ce musée a été rendue possible grâce à la générosité de Noëlle Péronnet qui a souhaité perpétuer la mémoire de son mari Gabriel Péronnet, ancien ministre et homme de science et de culture qui était très attaché à l’histoire de la vie thermale et artistique de la « Reine des villes d’eaux ».

Les Traction Avant du Concours d’Elégance de Vichy en 1934:

Les concours d’élégance étaient des manifestations autant mondaines que populaires qui attiraient un public nombreux entre 1920 et 1939. Chaque année, à partir du début de printemps, ces concours d’élégance se déroulaient à Hyères (en avril), à Cannes (en avril), à la Bagatelle (vers le 20 juin), au Bois de Boulogne (début juin), à Vichy (fin juin), à Deauville (fin juillet), au Touquet (début août), à Bordeaux, à Biarritz et à Monte Carlo. Ils étaient la plupart du temps présidés par André Becq de Fouquières, personnage incontournable de la vie mondaine de la Belle Epoque, né en 1874 et décédé en 1959, qui fonda au début du 20e siècle « l'Œillet Blanc », association dont le but était de constituer la garde d'honneur du Duc d'Orléans en exil à Bruxelles. Après deux échecs électoraux, de Fouquières renonça à la vie politique, mais continua de fréquenter les personnalités de l'Ancien Régime ainsi que les cours européennes. Il écrivit plusieurs pièces de théâtre et différents ouvrages de souvenirs. Vers la fin de sa vie, il fut élu « président des Parisiens de Paris ».

Le jury des concours d’élégance avait la tâche extrêmement  délicate de classer et de primer les voitures et surtout leurs conductrices. Dans son livre « 50 ans de panache » paru chez Horay en 1952, André Becq de Fouquières nous livre des détails succulents sur ces épreuves qu’il décrit comme « l’apothéose de la grâce et de la beauté alliée à la puissance ».

« Le concours d’élégance automobile est le triomphe de l’accessoire. Il y eut l’année des peaux de reptile gainant l’intérieur des carrosseries et l’extérieur des conductrices; celle de l’automatisme d’un bouton qui, à peine effleuré, vous jetait aux lèvres une cigarette toute allumée, ou au nez la houppette à poudre. Et je ne parle pas des mille raffinements qui apparentaient une conduite intérieure au boudoir de Proserpine ». Et de continuer: « Naturellement, robes et chapeaux, séduction personnelle des concurrentes, voudraient bien représenter un coefficient valable; de même que l'impeccabilité du chauffeur - un chauffeur de couleur de préférence - pour celles qui n'ont pas encore leur diplôme de l'université Versigny. Voici une blonde portant un ensemble vert amande, voici une brune, dans une robe gris perle zébrée d'argent, l'une discrète, l'autre provocante, l'une souriant à son bien-aimé, l'autre inquiète et espérant la belle aventure. Voici les cheveux auburn et les yeux immenses de Mlle Renée Weiler. Elle deviendra Mme Steve Passeur et ces yeux et cette chevelure, sous des chapeaux dont tout a été dit, seront familiers au public des répétitions générales...

 

Pour n'avoir pas, dans ses conséquences, la gravité du concours de l'Internat, du Prix de Rome ou de l'admission à Polytechnique, un concours d'élégance automobile veut un jury indépendant, un jury qui sache résister aux recommandations, aux offres généreuses, aux penchants du cœur... Lors des multiples concours que j'ai présidés, j'ai reçu parfois des centaines de lettres sollicitant ma bienveillance

 

Mais ce genre de compétition a pourtant un immense avantage: celui de renvoyer tout le monde à peu près satisfait. Le jury dispose d'une telle quantité de bannières (d'honneur, d'excellence, de première catégorie, de super-mérite), que chaque ensemble peut espérer sa récompense. La ligne, la race, la fantaisie, la légèreté, l'audace, le classicisme, la sagesse ou la folie figurent au palmarès. Et compte tenu de quelques sacrifiés nécessaires à la vraisemblance, il n'y a que des têtes de liste. »

Les jeunes femmes qui pilotaient ces somptueuses machines étaient le plus souvent des vedettes de la scène et de l'écran, des mannequins, quelquefois d'authentiques princesses ou encore les petites protégées de personnages influents. Ces ravissantes personnes n'étaient pas toujours des pilotes chevronnés et on en vit venir s'entraîner sur le terrain la veille du concours, afin de s'habituer à manœuvrer ces voitures énormes et peu maniables. Un seul accident, mais terrible de conséquences, est rapporté: l’épouse d'un diplomate venait d’apprendre la conduite la semaine précédente sur une petite 5 CV. Pendant le concours, au volant de la monstrueuse Hispano-Suiza, elle s'affola en vue de tant de cadrans, de tirettes et de leviers, confondit la pédale du frein et de l’accélérateur, partit en marche arrière, renversa plusieurs spectateurs et repartit en avant comme un boulet de canon, écrasant trois femmes contre un arbre! Il y avait beaucoup de petits incidents, tel moteur calé ou le petit chien refusant de descendre ou de rester en place une fois descendu, empêtrant sa maîtresse dans la laisse devant un jury amusé.

Au cours des années trente, avec la suppression des châssis, victimes de l'évolution des techniques, la carrosserie sur mesure disparait, laissant la place aux modèles de série. A côté des automobiles de grand luxe apparaissent de plus en plus des petits modèles de série, tels Simca 5 ou Traction Avant Citroën, dont la seule particularité est la découpe extravagante de la peinture. Souvent même, le châssis et le moteur sont peints dans la couleur de la carrosserie. Les longs capots qui faisaient rêver depuis trois décennies venaient d'entrer dans la légende. 

Guy LOOS © 2009

Voilà, maintenant vous connaissez un peu l’esprit qui régnait dans ces concours d’élégance, c’était plutôt du folklore qu’un concours sérieux…

 

En vue de ces concours, les maîtres-carrossiers les plus en vogue créaient des carrosseries spéciales sur les châssis les plus coûteux, tels Rolls-Royce, Delage, Panhard et Levassor et autres Hispano-Suiza, démontrant ainsi leur capacité, leur art, leur fantaisie et leur originalité. C'est de ces modèles uniques que ces maîtres-carrossiers dont les plus connus furent Figoni-Falaschi, Labourdette, Saoutchik, Chapron et Kellner.

Les Concours d’Elégance:

1° Le faux-cabriolet 7B :

La paire de photos suivante nous a été envoyée par Jean-Marc Imberdis. Elles représentent la même voiture mise en valeur par le même mannequin. La Traction est un faux-cabriolet de couleur claire immatriculé 1157-W6. Sur notre site, nous avons déjà traité les plaques en « W » dont l’usage est réservé à un constructeur (véhicules en essai, en réparation ou en modification) ou plus fréquemment à un vendeur automobile. Leur réglementation date de 1910. Entre 1909 et 1958, ces « plaques de garage » sur fond noir furent numérotés de 1 à 9999, suivi du W puis d'un chiffre correspondant au "chef-lieu" de délivrance. Le W6 était attribué à Clermont-Ferrand.

La deuxième photo qui dévoile le côté droit du faux-cabriolet montre que les phares sont munies d’ampoules sombres (B): bien que les premières ampoule jaunes commencent à se vendre en 1934 avant de devenir obligatoires à partir de 1936, je doute que ce soient des ampoules jaunes. Je pense plutôt à des ampoules peintes d’une couleur rouge ou bleu qui devaient faire un joli effet avec la couleur claire de la 7. L’éclat chromé des « Jantex » apparaît beaucoup mieux sur cette deuxième vue.

La 7 est munie des ses avertisseurs situés en position conforme sur les pare-chocs, ils sont probablement des Gurtner ou Bosch-Lavalette. Le pare-chocs présente une lame de renforcement supplémentaire (A) excluant d’office une 7A. Les supports de pare-chocs sont peint dans la couleur de la carrosserie.

 

Les jantes munies de « Jantex » (J) qui sont des enjoliveurs chromés clipsés sur leur pourtour sont chaussées de pneus Michelin 140x40 excluant une 7S. Ces pneus sont badigeonnés d’une couleur qui pourrait être un blanc ou un gris-clair, cette couleur semble être appliquée au pistolet, la deuxième image montre que seule la bande de roulement a été exempte de couleur. Les enjoliveurs de roues sont décorées en finition « concours », avec un double lignage. La 7 me semble plus basse dans sa suspension, il me semble que la voiture soit lestée pour donner une silhouette plus ramassée, procédé que l’on a parfois lors des Salons pour favoriser une ligne plus harmonieuse.

On peut donc affirmer sans risque de se tromper que nous sommes en présence d’un faux-cabriolet 7B en finition « concours », mis à disposition par un concessionnaire de Clermont-Ferrand à l’occasion du Concours d’Elégance de Vichy en 1934. Le nom de la belle jeune dame à la robe foncée à points blancs reste inconnu...

2° La berline 7 :

Cette photo envoyée par monsieur Imberdis montre les voitures du concours d’élégance en file d’attente dans le Parc de Vichy. Nous découvrons une belle 7 avec feux arrières situés un peu plus bas que les goulottes d’essence permettant de l’identifier comme telle. Elle est de couleur noire qui fait bien ressortir les chromes des « Jantex ».Remarquez le brillant impressionnant de la peinture cellulosique de la Traction qui miroite la dame vêtue d’une longue robe blanche. Le tuyau d’échappement de cette berline est situé à gauche et permet à coup sûr d’exclure la toute première série des 7A avec leur silencieux sous l’aile avant droit entraînant un tuyau d’échappement situé à droite. On ne peut pas tirer plus de renseignements de cette photo.

La berline est immatriculée 1156-W6, plaque de la même série que celle du faux-cabriolet de couleur claire qui est garé juste devant. La plaque d’immatriculation est bien particulière: les « plaques de garage » avaient les chiffres peints en blanc sur la plaque noire, mais ici, le rhodoïd a été laissé en transparent brut et les chiffres sont peints en noir ! D’ailleurs, sur la photo originale on peut apercevoir les détails de la structure interne de la cuve en tôle avec ses petits abat-jours cachant en partie les deux ampoules pour mieux distribuer les faisceaux lumineux.

Cette photo a été réalisée lors du concours d’élégance de Deauville du lundi 23 juillet 1934. Elle montre un cabriolet de couleur claire en arrêt devant le jury du concours. La dame en robe blanche à boutons noirs n’est autre que Jacqueline Citroën, la fille du Patron de Javel. Née en septembre 1915, elle est à ce moment âgée de 18 ans et demie. Deauville était dans les années 1930 une station balnéaire très en vogue.

Le cabriolet blanc est probablement un 7B ou 7S d’après la position des phares et la forme des ailes avant. Il est en finition « concours d’élégance» avec moteur, boîte de vitesses et suspensions peints en blanc, ses pneus Michelin sont pourvus de flancs blancs même du côté intérieur! Des avertisseurs spéciaux de marque « Mixo » modèle « Trumpclear Super M3 » en finition chromée ont remplacé les avertisseurs ronds de série.

 

La voiture est immatriculée 5848 RJ, numéro attribué à Paris en avril 1934, et correspond à l’immatriculation d’une des premières 7. L’histoire de cette immatriculation qui est en faite celle de la 7S du calendrier 1935 de Pierre Louÿs a été développée sur une autre page de notre site. Jacqueline avait donc à sa disposition une voiture d’Usine pour participer à cette manifestation de prestige. Je pense que son père avait pressenti l’énorme impact commercial de l’apparition de sa propre fille à ce concours. Je suis sûr que le Patron n’est pas loin, peut-être se trouve-t-il dans le groupe à droite?

 

Vous avez remarqué la 7B ou 7S de couleur gris perle ou beige Maintenon qui se trouve juste derrière?

Le cabriolet 7 du Concours d’Elégance de Deauville en 1934:

Le cabriolet 7A du Concours d’Elégance de « L’Auto » en 1934:

Collection: Guy Loos

La revue « Omnia » d’août 1934 montre ce cabriolet de couleur claire qui participa au concours d’élégance organisé par « L’Auto ». Il eut lieu début juin 1934 au Bois de Boulogne et d’après cette publication, la Traction y remporta le premier prix. Elle est immatriculé 5490-W1, numéro « de garage » attribué à Paris. Comme le faux-cabriolet de couleur claire vu précédemment, ses jantes munies de « Jantex » sont chaussées de pneus Michelin probablement de dimension 140x40 badigeonnés de couleur blanche.

Les supports de pare-chocs sont peints dans la couleur de la carrosserie. Ces finitions « concours d’élégance» étaient réalisées à Javel dans l’Atelier des Commandes Spéciales, leur but primaire étant effectivement la participation à ces manifestations à caractère de prestige. Les clients particuliers pouvaient aussi passer commande de ces versions spéciales. A la différence du faux-cabriolet découvert précédemment, ce cabriolet montre une hauteur sous caisse normale et non abaissée.

 

Le détail de sa face avant nous révèle sa vraie identité: La 7 est munie des ses avertisseurs situés en position conforme sur les pare-chocs qui sont probablement des Gurtner ou Bosch-Lavalette. Le pare-chocs n’a pas de lame de renforcement supplémentaire (voir flèche), l’identifiant d’office comme un modèle 7A.