Qu’il me soit permis de revenir sur cette journée animée du 18 avril 2004, au cours de laquelle nous avons fêté dignement les 70 ans du lancement de la Citroën 7 à l’initiative d’Éric Massiet du Biest.

 

La journée était placée sous les chiffres Quatre et Sept. Au milieu de 70 tractions conviées pour l’occasion, quatre « 7 » de 1934 paradaient comme les mousquetaires d’Alexandre Dumas :

 

la magnifique 7A de Pietro Turchi (Italie)

la 7B "Isabelle" de Walter Callens  (Belgique),

la 7C "BU" bien connue de Roger Brosselin (France)

et la 7S de notre ami Guy Loos (Luxembourg) sortie fraîchement de restauration.

 

En compagnie de cette dernière, nous allons parcourir ensemble notre programme.

1° Les évènements de la journée:

Pour nos quatre mousquetaires Athos, Portos, Aramis et d’Artagnan, quoi de plus approprié comme cadre que le Château de Versailles et la cour de sa Majesté le Roi Louis XIV ? Dès le matin, l’éclat resplendissant du Roi exprime un suprême dédain pour notre modeste hommage qui se déroulera sous une pluie battante et un vent incessant. Après un rassemblement ordonné des 70 tractions sur le parvis, après un petit déjeuner qui permet à chacun de se réchauffer et de se remettre ses idées en place, nous commençons la visite des appartements royaux. Grâce aux badges fournis par notre ami tractionniste Christian Milet qui fait partie du personnel du musée, nous bénéficions d’un traitement de faveur en évitant trois quarts d’heures de file d’attente. Bravo !

 

La visite est rapide, trop rapide, effectuée avec dilettantisme, la tête étourdie par le brouhaha, l’incroyable mal politesse des touristes asiatiques qui se faufilent sous notre nez à l’affût du moindre cliché et des divers sujets à évoquer (Traction, retrouvailles avec nos amis italiens, échanges avec Olivier de Serres, etc.). Portés par la foule, obligés de suivre, nous passons comme des météores dans les chambres vides décorées des portraits du Roi, du grand Cardinal, des ministres ou de la famille royale. Pour anecdote, je m’imaginais la galerie des glaces beaucoup plus grande ! Nous ne visiterons ni le théâtre, ni la chapelle royale.

 

A midi retour aux voitures. Les poignées de mains succèdent aux interviews, aux parapluies qui s’envolent, aux diverses opérations de remise en ordre : la perte d’un essuie glace, un pare brise plein d’eau (on écope), un peu de spray dans le carburateur pour l’un, un réglage des tirettes de vitesses pour l’autre… le train-train, quoi !

 

Nous démarrons. A peine 700 m de circulation moderne et la grille du Matelot s’ouvre exceptionnellement pour nous. Privilégiés, nous le sommes, de pouvoir circuler au milieu des jardins et promenades de Versailles d’ordinaire réservés aux seuls promeneurs et cyclistes. C’est mi-émus, mi-blasés que nous franchissons les grilles qui ont dû voir passer bien des attelages et bien des figures de l’histoire de France.

 

Le restaurant-brasserie « La Flottille » nous attend. Moment de flottement : quelques quinze importuns se sont mélangés aux réservataires et se sont assis. Plus de menu ! Ce sera donc le restaurant pour les uns et la brasserie pour les autres. Un peu déconfit, notre esprit Citroën reprend le dessus : de l’écoute, de la patience (point trop n’en faut) et une action vigoureuse afin d’organiser le chaos. Nous prenons d’assaut une table ronde et nous attaquons vaillamment… un poulet frites (!). 

Plan des deux pages:

1° Les évènements de la journée

2° Le document d’avril 1934 inédit

Les meilleures images de la journée

Le ciel bleu apparaît, le vent se calme, le soleil luit pour nous. Comme à chaque fois je suis surpris par cette connivence des éléments qui semblent nous encourager à persévérer dans notre passion. Unité et équilibre de temps, de lieu, d’hommes, d’ambiance. J’ai connu cela à Montlhéry avec Rosalie 7. J’ai connu cela à Paris, à Turin, à Utrecht… A nouveau, tout est réuni pour que la magie opère. Allons-nous ignorer, dédaigner, massacrer cet instant ? Non !

 

Il faut dégager de l’espace. Espace physique, espace temporel et espace dans nos têtes afin de nous remplir de beauté. Au grand dam des autres tractions que nous obligeons à stopper, la 7 Sport fait demi-tour en un retour au passé. C’est que peu ont conscience de l’importance de l’événement pour nous. Sollicitez donc l’autorisation d’une séance photo avec une voiture ancienne à Versailles et rappelez-moi quand vous l’aurez obtenue ! La 7S se place quasiment au même endroit que la photo de P. Louÿs. Nous fignolons un peu et les flashs peuvent crépiter. Seule ombre au tableau : nous ne disposons pas d’un appareil argentique avec trépied. L’appareil numérique sera t-il à la hauteur ? La perspective a été respectée, le modèle (Madame LOOS en habits d’époque) apporte son charme naturel et enjoué à notre tableau. Le soleil s’est caché définitivement. Cela nous importe peu car les photos d’époque n’étaient pas ensoleillées.

Quel plaisir de rouler en 7S et de suivre une 7A ou 7C ! Pour la première fois, j’ai la double sensation de vivre et de voir vivre. Quelle sobriété, quelle élégance dans ces lignes de carrosserie et de tableau de bord ! Aucune faute esthétique ou historique ne blesse les yeux. On croirait ces voitures revenues de temps lointains, posés par une main divine (la menotte d’un ange peint par Le Brun?) sur notre asphalte moderne, apportant leurs couleurs, leurs rondeurs, leurs détails précieux qu’elles seules possèdent : poignées de porte en zamak, calandres en laiton, paraboles argentées, plaques rétro-éclairées, cardans à billes, pare brise chromés, tissus rayés…

 

Il est l’heure de rentrer. L’esprit Citroën où chaque tâche est étudiée d’avance permet un remballage rapide et efficace et l’on se quitte en se promettant de se revoir vite, très vite. Assurément, un 18 avril royal ! Tchao et äddi !

 

Jérome COLLIGNON  © 2004

Cependant il faut faire vite. Nous cédons notre place. Nous avons fait le mieux que nous pouvions dans ces circonstances difficiles. La fête se poursuit à proximité des jardins du Trianon (précisément au bassin du Fer à Cheval) où les 70 tractions sont immortalisées du haut d’une grue. Nos 4 mousquetaires forment sans heurt et sans exigence le premier rang (la moustache fière, le poing sur la hanche et la jambe en avant : mordioux !). Le public, surpris par ce rassemblement insolite, virevolte autour des voitures, s’extasie devant les moteurs rutilants, devant les accessoires, devant cet engin qui ne veut pas mourir, ni sur les routes, ni dans les mémoires.

2° Un document d’avril 1934 inédit !!!

En exclusivité pour vous: une photo retrouvée dans un vieux carton qui nous a été offert par une dame d’un certain âge habitant la région parisienne et dont l’oncle fut employé aux Usines Citroën avant la guerre.

 

La photo ne porte aucune indication ni au recto, ni au verso, mais la griffe de Pierre Louÿs, directeur des services artistiques et photographiques des Usines Citroën, semble évidente. Elle a été prise dans le parc du Château de Versailles près du bassin du « Fer à Cheval ». Deux jeunes dames confèrent à la scène grâce et charme, mais le petit chien ne semble pas trop apprécier. Visiblement, l’ambiance est plus décontractée que sur l’image du prototype que vous avez découverte plus haut.

 

Absolument inédite à ce jour, elle représente une 7 immatriculée en RJ, numéro attribué en avril 1934 à Paris. Il s’agit donc d’une 7A, qui présente toutes les caractéristiques des voitures de série. Il pourrait s’agir d’une photo retouchée. Excepté quelques taches sur les bords, la photo est immaculée, le grain de l’image semble indiquer que la qualité du film ou du tirage n’avait pas été bonne. C’est peut-être la raison pour laquelle elle n’a jamais été publiée et avait peut-être été récupérée comme souvenir par cet employé.

Vers 14.00 heures, nous cheminons au volant de nos anciennes le long du Grand Canal. Les nuages se déchirent lentement. Nous sommes en vue du lieu exact où ont été prises les photos de lancement de la 7 par Pierre Louÿs. L'arbre élancé est toujours là. La tempête de 1999 l’a épargné. Il a pris en 70 ans un tiers de hauteur en plus.

Pentagone:  SUITE DE L’ARTICLE   2
Zone de Texte: L’Esprit 
d’André Citroën
Zone de Texte: L’emploi du temps 
d’André Citroën
Zone de Texte: Etude industrielle
d’une 11AL de 1934
Zone de Texte: Dépositaires 
de l’Esprit? (1) (2)
Zone de Texte: Plans techniques
de la 22V8 (1) (2)
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Zone de Texte: Le Guide Traction
1934 -1942
Zone de Texte: Les publications Collignon et Loos
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Zone de Texte: Les errata des
publications
Zone de Texte: La restauration d’une 7 Sport 1934
Zone de Texte: Les 70 ans de la TA 
à Dunkerque  
Zone de Texte: La restauration d’une 11AL 1934
Zone de Texte: La fixation sécurisée
du cache roue
Zone de Texte: La couleur vert
moteur 1934
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Zone de Texte: Rencontres autour des Traction
Zone de Texte: L’identification des Tractions
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de Lyon
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à Rochetaillée
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Feuillet à Paris
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en 7S (2007)
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Les 70 Ans de la Traction Avant à Versailles (1re partie)

Traction Avant 1934-1935